Pour l'instant, seuls les enfants qui ont certaines conditions médicales définies ou des parents à risque peuvent être exemptés de venir à l'école.
Pour l'instant, seuls les enfants qui ont certaines conditions médicales définies ou des parents à risque peuvent être exemptés de venir à l'école.

Une demande sera faite en Cour pour offrir à tous les enfants des cours en ligne

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Une demande doit être déposée cette semaine devant le tribunal pour qu'il ordonne au ministère de l'Éducation d'offrir à tous les enfants l'option des cours en ligne — afin qu'ils ne soient ainsi pas obligés de retourner physiquement en classe cet automne.

Pour l'instant, seuls les enfants qui ont certaines conditions médicales définies ou des parents à risque peuvent être exemptés de venir à l'école.

Mais en cette période de COVID-19, tous les parents doivent avoir ce choix, fera valoir l'une des mères qui ont mandaté un avocat pour que l'option des cours en ligne soit disponible pour tous dès la rentrée, au primaire comme au secondaire.

Politimi Karounis a deux enfants. Elle ne veut pas qu'ils aillent en classe cet automne, car elle juge que les mesures sanitaires mises en place ne seront pas suffisantes pour les protéger.

Avec d'autres parents, elle a mandaté l'avocat constitutionnel bien connu, Me Julius Grey, pour présenter cette demande.

Le programme en ligne a déjà été créé pour les enfants dont la condition médicale les rend trop vulnérables pour aller en personne à l'école. Puisqu'il existe, il peut être offert à tous, sans frais supplémentaires, fait valoir Mme Karounis.

On demande d'avoir le choix, explique-t-elle en entrevue, et le respect de l'autonomie individuelle.

Le critère médical est trop restrictif, ajoute-t-elle.

La demande en jugement déclaratoire devrait être déposée cette semaine, et il sera demandé au tribunal qu'elle soit entendue le plus tôt possible, car il y a urgence, dit-elle. La rentrée scolaire approche à grands pas.

La demande sera notamment fondée sur la Charte canadienne des droits et libertés, dont son article 7, qui établit le droit à la vie et à la sécurité.

Mme Karounis sait qu'il est possible pour les parents de faire l'école à la maison. Mais cette option n'est pas possible pour toutes les familles, car beaucoup de parents doivent travailler et n'ont pas les moyens de rester à la maison, explique-t-elle. Et puis, tous n'ont pas les habiletés pédagogiques que possèdent les enseignants. C'est pourquoi leur demande en justice mise sur l'option de l'école en ligne.

On veut récupérer le choix des parents, dit-elle.