Luka Rocco Magnotta

«Une décision courageuse!», lance Pierre-Hugues Boisvenu

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu salue le verdict prononcé mardi avant-midi par le jury du procès de Luka Rocco Magnotta après huit jours de délibérations.
<p>Pierre-Hugues Boisvenu</p>
Ce dernier a été reconnu coupable du meurtre prémédité de Jun Lin survenu en mai 2012 à Montréal.
«Les membres du jury ont pris une décision courageuse!», insiste le sénateur conservateur lors d'une conversation téléphonique tenue quelques minutes après le prononcé du verdict.
«C'est une décision difficile à prendre. Comme dans le procès du Dr (Guy) Turcotte. Des choix déchirants à faire. Il va falloir d'ailleurs mieux encadrer les jurés dans ce type de cause. Il faut que les règles du jeu soient plus claires.»
Huit femmes et quatre hommes ont aussi trouvé Luka Rocco Magnotta coupable d'outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène, et de harcèlement criminel.
Le seul chef de meurtre prémédité est passible d'une peine d'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
Ce procès fera histoire, ajoute M. Boisvenu, dont la fille Julie a été assassinée à Sherbrooke en 2002. «Il va à l'encontre de la tendance des dernières années qui dit que la maladie mentale fait que l'accusé est automatiquement non criminellement responsable», dit-il.
«La maladie mentale se traite. Quand les gens prennent leurs médicaments, ils sont des citoyens responsables. Il va falloir commencer à le dire aussi. On doit mieux encadrer ses personnes.»
Pierre-Hugyes Boisvenu, qui a suivi de près le procès Magnotta, s'attend à ce que la défense en appelle du verdict. Celui d'un éventuel appel dans la cause confirmera la décision rendue mardi au palais de justice de Montréal, assure-t-il.
«J'ai hâte de prendre connaissance des commentaires du magistrat.»
Experts
Magnotta avait reconnu avoir tué Jun Lin mais espérait être jugé non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. Des experts avaient en effet expliqué aux jurés que l'accusé se trouvait dans un état psychotique le soir du meurtre et qu'il ne pouvait pas distinguer le bien du mal.
La Couronne avançait pour sa part que le crime avait été planifié et que le comportement et les gestes de Magnotta ne correspondaient pas à ceux normalement associés à une personne en état de psychose.
La tâche du jury était donc de déterminer l'état d'esprit de Magnotta afin de juger si ses gestes étaient intentionnels, planifiés et délibérés.
L'affaire Magnotta a fait les manchettes un peu partout sur la planète en 2012, lorsque l'acteur porno méconnu, qui était très actif en ligne, s'est fait un nom lorsqu'il a été lié à un horrible crime dont une vidéo avait été publiée en ligne.
Son procès devant un jury bilingue s'est tenu à Montréal dans les derniers mois de 2014.
- Avec La Presse Canadienne