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Une conductrice de Limocar suspendue

Limocar suspend l'une de ses conductrices à la suite de la parution d'une vidéo sur Facebook la montrant distraite par un appareil électronique au volant.
Dans la publication partagée sur les médias sociaux par Élaine Guillemette et vue plus de 10 000 fois en fin de soirée lundi, on voit la conductrice quitter à plusieurs reprises la chaussée des yeux pour regarder son appareil électronique. Elle numérise les billets d'embarquement des derniers passagers. Habituellement, cette tâche doit être faite lorsque le véhicule est arrêté.
Mme Guillemette, qui avait fait appel aux services de Limocar pour se rendre à Montréal, espère que le partage de cette vidéo fera réfléchir.
« Lorsque j'ai à me rendre à Montréal, je préfère payer plus cher afin d'avoir accès à un transport jugé sécuritaire. Lorsque l'on fait du covoiturage, on ne sait jamais sur quel type de chauffeur on peut tomber. J'ai été extrêmement déçue de constater que la conductrice vaquait à une autre occupation en même temps qu'elle nous conduisait », explique-t-elle.
Elle ajoute que, selon sa vision des choses, c'est la première responsabilité du conducteur de s'assurer de la sécurité de ses passagers.
« Je crois que cette personne a malheureusement pris à la légère sa responsabilité envers les passagers. Je ne doute pas de ses compétences, mais plutôt de son jugement lors de cet incident. On ne peut pas assurer la sécurité de ses passagers et des autres automobilistes alors que nous sommes en train de faire une autre tâche en même temps », croit celle-ci.
Inacceptable
Pour sa part, Transdev, société qui dirige les opérations de Limocar, juge cela comme étant totalement inacceptable. « Nous allons analyser très sérieusement la situation. D'ici à ce que nous amassions toutes les informations disponibles sur ce qui s'est passé, la conductrice ne prendra pas le volant de nos véhicules. Par chance, ce phénomène n'arrive pas régulièrement au sein de notre entreprise », fait valoir Marie-France Laurin, directrice de la gestion de la marque, des affaires publiques et du développement stratégique chez Transdev.
Dès que l'entreprise a été mise au parfum de cette histoire, elle a contacté Mme Guillemette dans le but d'obtenir sa version des faits.
Pour sa part, l'employée fautive devra rencontrer ses patrons avant de connaître son sort.
« La conductrice est relevée de ses fonctions jusqu'à ce que nous la rencontrions plus tard cette semaine. Pour le moment, il n'est pas possible de dire si elle perd définitivement son emploi ou quelles seront les sanctions prises contre elle », explique Mme Laurin.
Pour éviter une telle situation à l'avenir, la compagnie augmentera l'effort de sensibilisation auprès de ses employés concernant les distractions au volant. « Ça va certainement faire partie de nos priorités. Nous avons déjà ce point dans la formation que nous offrons à nos employés, mais nous allons nous assurer de le relever. Nous voulons que tout le monde soit extrêmement conscient de ce danger. Peu importe la raison, il n'y a rien qui peut justifier une telle faute professionnelle », croit celle-ci.