Une collection « extraordinaire » de monnaie et de médailles qui dormait dans un garde-robe du Séminaire de Sherbrooke se retrouvera aux enchères le week-end prochain à Montréal.

Une collection de grande valeur découverte au Séminaire de Sherbrooke

PRIMEUR / Une collection « extraordinaire » de monnaie et de médailles qui dormait dans un garde-robe du Séminaire de Sherbrooke se retrouvera aux enchères le week-end prochain à Montréal. La collection, qui date du début du 19e siècle, pourrait attirer de grands collectionneurs, comme des musées et des investisseurs.

Les Enchères Champagne présentent le tout comme « une collection extraordinaire du Séminaire de Sherbrooke », qui comprend « plus de 600 lots de pièces rares jamais vues sur le marché ». Elle comprend de la monnaie, des billets de banque, des médailles et des jetons.

Interrogée sur la valeur de la collection, la directrice des événements chez Enchères Champagne, Catherine Lefrançois, souligne qu’il est difficile de s’avancer, mais une évaluation sommaire de 400 000 $ avait été soulevée avant même que la collection n’ait été vue par les experts. « C’était vraiment une évaluation sommaire, avant d’avoir vu tout ce qu’il y avait, mais on pense que ça peut aller chercher beaucoup plus. »  

La collection est l’œuvre née de la passion du prêtre Léon Marcotte. « C’était sa passion. Il achetait des billets de banque, de la monnaie... Ça dormait dans un endroit au Séminaire de Sherbrooke depuis toutes ces années-là, genre dans un garde-robe... Il travaillait de façon méticuleuse, parce que c’était très bien conservé », note la rectrice-directrice générale du Séminaire de Sherbrooke, Caroline Champeau. 

C’est un peu par hasard qu’on a découvert les trésors qui se cachaient dans l’établissement privé de la rue Marquette. 

Ce sont les Enchères Champagne qui ont approché le Séminaire de Sherbrooke, se doutant que celui-ci pouvait renfermer des objets importants de notre patrimoine. Claude Champagne, de l’entreprise du même nom, savait qu’il y avait des trésors dans les séminaires de la province, raconte Caroline Champeau. « On est allés ensemble marcher dans l’ancien musée. »

Certains se rappelleront que le Séminaire a déjà compté un musée en ses murs. Les objets ont été transférés il y a plusieurs années au Musée de la nature et des sciences. « Tout a été transféré au musée. Il reste des choses à gauche et à droite. On a gardé quelques pièces, par exemple pour le département d’histoire. » 

25 dans le monde

Le conseil d’administration du Séminaire de Sherbrooke a pris la décision de se départir des objets qui ne font pas partie de sa mission d’enseignement, précise Mme Champeau. 

« La majorité des pièces principales de cette vente-là, les pièces qui sont semblables sont déjà dans des musées à travers le monde », commente Catherine François, directrice des événements chez Enchère Champagne.

Par exemple, la pièce très convoitée (intitulée Dominion of Canada 1872 Chiefs Medal) n’a été produite qu’en 25 exemplaires, et l’une d’elles sera mise en vente à Montréal. Outre sa rareté, la médaille se distingue entre autres par sa grande taille. « C’est une pièce plus grande, presque aussi grande qu’une main moyenne, qui est lourde, massive. » Le prix de départ est de 6000 $.  

La pièce la plus convoitée ne compte que 25 exemplaires dans le monde.

Le catalogue envoyé aux collectionneurs a suscité l’intérêt, raconte Mme Lefrançois. 

« C’est la deuxième fois qu’on a la chance de remettre dans le patrimoine des pièces de séminaires comme ça, indique Mme Lefrançois, en citant l’exemple de l’encan précédent du Séminaire de Nicolet. Lors de la vente précédente, on avait le musée de la Banque du Canada qui s’était déplacé directement ici dans nos lieux... »

« C’est sûr qu’avec les années d’histoire, il y en a des choses d’accumulées, il y a des petits trésors », souligne Mme Champeau. Elle trace un parallèle avec la découverte d’un tableau de Suzor-Côté qui appartenait à la fabrique de la paroisse Saint-Jean-Baptiste à Sherbrooke qui avait fait les manchettes en 2016. La toile avait été adjugée pour un montant de 325 000 $ à Vancouver.

Les archives de l’institution se retrouvent au Regroupement des archives du Séminaire de Sherbrooke et de l’archidiocèse de Sherbrooke (RASSAS). 

Enchères Champagne vendra la collection en quatre parties. La première partie sera mise à l’encan les 28 et les 29 septembre dans les bureaux de l’entreprise à Montréal. 

Excepté la commission versée à la compagnie pour la vente, les fonds iront au Séminaire de Sherbrooke, note Mme Lefrançois.