Stéphane Bernier et son fils Mathis ont pris part à la classe verte de l’école de l’Odyssée.

Une classe verte à l’Odyssée

Vendredi matin à Valcourt. Deux semaines avant le début des classes, des élèves, des membres du personnel de l’Odyssée de Valcourt et des citoyens s’activent sur le terrain de l’école secondaire, afin de créer la première classe verte de l’établissement.

À deux pas du mur solaire de l’école, et sous l’ombre d’un saule, un lieu privilégié pour une classe verte verra le jour. Au passage de La Tribune à 9 h, l’invitation lancée par l’enseignant de sciences Nicolas Busque à la communauté avait déjà incité plusieurs personnes à se déplacer.

Enseignant en éducation physique, Stéphane Bernier est venu donner un coup de main à son collègue Nicolas Busque en compagnie de son fils de neuf ans, Mathis, une semaine et demie avant la fin de ses vacances. À notre arrivée, père et fils s’activaient ensemble. La cour avait quelque peu pris des airs de chantier. À l’instar de ses collègues, l’enseignant a pris part, au fil des ans, à diverses initiatives mises en place afin de rendre un jour l’école secondaire carboneutre. L’éducateur pourrait bien se servir de cette classe verte pour donner la théorie aux élèves avant de les faire bouger, illustre-t-il.

L’Odyssée et ses quelque 200 élèves ont souvent fait parler d’eux au fil des ans pour l’éventail d’actions mises en place afin de réduire leur empreinte écologique et, du même coup, devenir carboneutre. Si plusieurs mesures ont permis de tracer des parallèles avec la science, Nicolas Busque souhaite miser de plus en plus sur l’écocitoyenneté. « Le projet carboneutre était très axé sur le contenu scientifique, là on se rend compte que le côté de l’éducation à l’écocitoyenneté est hyper important (...) Le projet se module, évolue vers une éducation écocitoyenne. Comme éducateur, on est moralement responsable de préparer la génération future. » Plusieurs études rappellent l’urgence d’agir. Ce fut encore le cas cette semaine avec une étude montrant que la Terre pourrait atteindre un point de rupture si on ne parvient pas à freiner les changements climatiques et la hausse des températures.

« Les classes vertes dans les pays scandinaves, que ce soit en Norvège ou en Finlande, ça existe déjà. En Nouvelle-Angleterre, dans la région de Boston, ça fait 20 ans que ces écoles existent. Ma formation est en plein air. C’est un milieu dans lequel je suis très à l’aise. Mais le déclencheur, c’est ce que Hubert Reeves a dit à propos du lien qu’on a avec l’environnement. Je me rends compte que la raison pour laquelle les gens vont faire une corvée comme celle-là, c’est qu’il y a un lien affectif avec l’environnement, et c’est la clé. Ce n’est pas de dire aux gens qu’ils ne sont pas bons parce qu’ils ont des sacs de plastique ou ci ou ça, mais c’est de développer ce lien-là. Je ne réinvente pas la roue. Les grands philosophes ont déjà enseigné dehors. C’est une classe qui n’utilise pas d’électricité, qui n’est pas chauffée, qui n’utilise pas de TNI (tableau numérique interactif ) », dit celui qui est déjà sorti avec ses élèves dehors pour donner ses cours.

L’initiative est créée alors qu’on parle beaucoup de déficit nature. Et puis, la création de la classe verte permettra de prolonger quelque peu l’été. « Tit-cul, voir les ventes de retour à l’école, ça me mettait à l’envers. Il y a quelque chose d’intéressant à dire qu’on prolonge l’été. »

Nicolas Busque note que la philosophie du projet de l’Odyssée est basée sur l’espoir : les élèves deviennent ainsi des vecteurs de changement. « Ils sont dans une action positive. »