Le vétéran estrien Martin Crépeau, qui souffre de troubles post-traumatiques, bénéficie du soutien de sa chienne Léonne dans ses moments d'anxiété.

Une chienne vient en aide à un vétéran souffrant de troubles post-traumatiques

Le vétéran Martin Crépeau ne quitte jamais sa chienne Léonne, un superbe doberman. Cet ancien soldat souffrant du syndrome post-traumatique se sent beaucoup mieux depuis que son chien a été dressé spécialement pour sa condition.
L'homme âgé de 61 ans demeurant à Compton est convaincu que l'animal de trois ans détecte ses moments de stress et l'aide à se calmer. « Je l'ai depuis qu'elle est bébé. Elle a fait de la zoothérapie après de personnes malades à Coaticook », explique le coloré monsieur qui a participé à des missions à travers le monde avec l'armée canadienne.
« J'ai été diagnostiqué du syndrome post-traumatique. Je n'ai pas réussi à dormir une nuit complète depuis 1991. Il fallait faire quelque chose. Mes amis m'ont aidé et on a pu faire dresser mon chien. »
M. Crépeau est convaincu qu'on devrait offrir ce type de chien à plusieurs vétérans ayant servi sous les drapeaux. « C'est ma chienne qui me ramène sur terre. Quand je viens trop anxieux, elle le sent. Elle va me donner un coup avec sa patte. Ou elle va me lécher dans le cou », raconte à La Tribune le soldat ayant reçu plusieurs médailles de bravoure.
« La nuit, mon chien vient près du lit pour voir ce qui se passe avec moi. Probablement qu'elle sent que je suis stressé. Comme les autres soldats souffrant de troubles post-traumatiques, je fais des cauchemars. »
Les décès successifs des deux conjointes de Martin Crépeau n'ont pas aidé à améliorer son état de santé mentale.
Des fois, dit-il, sa chienne aux griffes roses grâce à l'application d'un vernis à ongle dérange les gens. Le doberman, qui porte son dossard « Service dog », soulève des craintes. « Je dois souvent expliquer pourquoi elle m'accompagne. »
« Si j'avais une canne blanche, les gens comprendraient plus vite. »
Si on pouvait offrir un chien dressé de la sorte aux vétérans, on diminuerait le nombre de suicides chez ceux qui reviennent du front, assure M. Crépeau. Il se désole de voir plusieurs de ses frères d'armes aux prises avec des problèmes d'alcool et de drogue. Il dénonce aussi le peu de considération qu'accorde notre société aux vétérans canadiens.
Léonne a été dressée par Jimmy Desranleau de la Super Puppy Éducation, de Foster près de Waterloo. M. Desranleau dit avoir travaillé pendant 20 ans pour l'école de dressage MIRA. Le chien lui a été confié pendant une période de six semaines avant d'être retourné à son maître. « Il ne faut pas que le chien démontre le moindre stress, explique M. Desranleau. Nous en dressons aussi pour des enfants autistes par exemple. »
« Le chien est mis dans différentes situations et nous examinons sa façon de réagir. On peut lui faire écouter des sons habituels. On l'a discipliné davantage. Ça a bien fonctionné, car le chien de M. Crépeau n'est pas nerveux. »
Selon le porte-parole des Anciens Combattants de l'armée, de la marine et des forces aériennes du Canada à Sherbrooke, Robert Groulx, le chien de M. Crépeau serait le premier au Québec à avoir été dompté en fonction des besoins d'un vétéran souffrant de troubles post-traumatiques.
« Le chien aide la personne. Il réagit selon le stress du vétéran, assure-t-il. Le chien en vient à le protéger. »
« Ça existe ailleurs, mais pas au Québec. J'avais été invité à une conférence il y a quelques années en Colombie-Britannique où il en avait été question. Il faut que d'autres vétérans puissent avoir un chien pour gérer leur stress post-traumatique. »