Le milieu estrien se mobilise afin de diminuer le nombre d’enfants présentant des facteurs de vulnérabilité lorsqu’ils entrent à l’école.

Une charte pour diminuer le nombre d’enfants vulnérables

Le milieu estrien se mobilise afin de diminuer le nombre d’enfants présentant des facteurs de vulnérabilité lorsqu’ils entrent à l’école. Pour y parvenir, les organismes et les organisations de la région sont invités à signer une nouvelle charte, intitulée « Voir grand pour nos enfants ».

L’initiative a été lancée officiellement lundi par les deux instigateurs du projet, le Collectif estrien 0-5 ans et le projet Partenaires pour la réussite éducative en Estrie (PRÉE).

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Les instances instigatrices de la charte ont profité du rassemblement estrien « Voir grand pour nos enfants », auquel ont participé plus de 230 personnes, pour lancer la charte, note Josiane Bergeron, coordonnatrice du projet PRÉE. L’événement a eu lieu à Orford, à l’hôtel Chéribourg. En début de journée, on retrouvait entre autres parmi les signataires le Regroupement des centres de la petite enfance des Cantons-de-l’Est (RCPECE) et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

L’objectif est d’augmenter de 71 % à 80 % d’ici 2025 la proportion d’enfants qui commencent leur parcours scolaire sans présenter de facteurs de vulnérabilité. 

La Charte invite les signataires à poser des actions concrètes pour améliorer le bien-être des enfants et favoriser leur réussite scolaire.

« Ce que ça veut dire, c’est de continuer de maximiser les efforts, peut-être de faire les choses autrement... », souligne Mme Bergeron. 

On apprenait récemment qu’en Estrie, en 2017, 29 % des enfants de la maternelle présentaient une vulnérabilité dans « au moins un domaine de développement », comme les compétences sociales, la maturité affective, de même que le développement cognitif et langagier. 

Cette proportion est un peu plus élevée que la moyenne québécoise, qui est de 27 %.

Un rapport dévoilé par le directeur de la santé publique de l’Estrie par intérim, Dr Alain Poirier, a montré que la proportion d’enfants vulnérables en Estrie est passée de 27 % à 29 % entre 2012 et 2017.

Certains enfants sont plus susceptibles d’être vulnérables dans au moins un domaine de développement. Il s’agit des garçons, des enfants anglophones, des enfants nés à l’extérieur du Canada, ceux vivant des secteurs défavorisés de même que ceux ayant un parent faiblement scolarisé. 

Parmi les mesures susceptibles d’améliorer la situation, on souhaite notamment miser sur une approche de proximité.  On compte actuellement environ 17 travailleurs qui se déplacent dans les différents milieux estriens et développent des liens de confiance avec des familles présentant des facteurs de vulnérabilité, notamment en leur redonnant confiance envers les institutions. Ces employés relèvent de tables de concertation locales en petite enfance.

« La charte que nous dévoilons s’inscrit en cohérence avec la mobilisation extraordinaire des acteurs locaux et régionaux qui est en place depuis plus de 10 ans en Estrie (...) Nous devons faire en sorte que tous les enfants aient une chance égale d’atteindre leur plein potentiel », commente Marie-Andrée Roy, coordonnatrice du Collectif estrien 0-5 ans, l’une des deux instances instigatrices de la charte.