L’Association des locataires de Sherbrooke est à court de solutions pour les ménages sans logement.
L’Association des locataires de Sherbrooke est à court de solutions pour les ménages sans logement.

Une centaine de ménages en quête d'un logement à Sherbrooke

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
L’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) a reçu plus d’une centaine de demandes de ménages qui sont toujours à la recherche d’un logement pour les mois de décembre et janvier.

« Depuis des années, vous entendez l’Association des locataires de Sherbrooke dire qu’il faut des logements sociaux. Maintenant, nous sommes rendus dans une situation catastrophique au niveau du logement », affirme le porte-parole Normand Couture.

En juillet, l’Association des locataires de Sherbrooke comptait 42 ménages locataires sans logements, soit le double par rapport à 2019.

Selon les deux porte-paroles de l’ALS, Normand Couture et Alain Roy, la situation a peu de chances de s’améliorer en raison de nombreux facteurs, dont le coût élevé des logements et le fait que beaucoup de propriétaires d’immeubles refusent des personnes avec un faible revenu ou des problèmes de santé mentale.

« En juillet, le taux d’inoccupation se situait à 2,3 %. Nous n’avons pas de nouveaux chiffres. Mais avec ce que nous observons sur le marché actuellement, je dirais qu’il se trouve présentement en bas du 2 %. Le taux d’équilibre est à 3 %, donc on voit que c’est plus difficile. Et en ce moment, les propriétaires peuvent bien choisir les personnes à qui ils veulent louer un logement », indique M. Couture.

« À l’approche des Fêtes, nous n’avons même pas de solutions pour eux », se désole Alain Roy de l’Association des locataires de Sherbrooke.

À l’Office municipal d’habitation (OMH) de Sherbrooke, 800 ménages sont en attente. « Si, demain matin, je fais une demande pour un logement social, je vais en obtenir un dans seulement cinq ans », précise Normand Couture.

Avec le manque de place dans les refuges, plusieurs d’entre eux n’ont pas eu le choix de dormir dans leur voiture,  d’autres se retrouvent à la rue.

Le porte-parole de l’ALS, Normand Couture

Se loger : un privilège?

« Actuellement, 6000 ménages locataires doivent mettre 50 % de leur revenu pour se loger », mentionne Normand Couture. Excluant les dépenses imprévues, il ne reste que très peu d’argent pour l’épicerie, par exemple.

« Un logement 1 ½ à Sherbrooke coûte en moyenne 460 $ par mois, selon nos listes. Donc si tu reçois 600 $ de l’aide sociale, il te reste donc 140 $ pour ton mois. Et si tu le divises en 31 jours, c’est environ 5 $ par jour pour tes autres dépenses », illustre M. Couture.

Par ailleurs, la crise des logements locatifs concerne des familles, mais aussi des personnes seules, précise le même porte-parole de l’ALS. « De plus en plus, c’est la misère qui s’installe et les gens n’ont plus accès au logement. C’est un droit supposément reconnu par les chartes, autant québécoise que canadienne. Malheureusement, je dirais que c’est rendu un privilège de se loger. »

À titre d’exemple, il ajoute qu’un travailleur n’éprouvera pas de problème nécessairement, et ce, même si le portrait de la situation change légèrement avec les pertes d’emplois en temps de pandémie. Pour une famille monoparentale, un immigrant ou une personne qui souffre de problème de santé mentale, ce n’est pas la même chose. 

« Ces exclus de la société, eux, n’ont pas le droit à ce même logement. Aujourd’hui, on ne voit pas d’autres solutions que la construction de logements locatifs. »

Alain Roy