Depuis la mi-mars, la popote roulante de Sercovie est passée de 600 à 800 repas livrés par jour à des aînés en situation d’isolement.
Depuis la mi-mars, la popote roulante de Sercovie est passée de 600 à 800 repas livrés par jour à des aînés en situation d’isolement.

Une campagne pour soutenir les aînés et les producteurs locaux

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
 Afin de répondre à une demande qui représente maintenant près de 800 repas livrés à domicile par jour, Sercovie et sa popote roulante ont décidé de s’associer au Marché de solidarité régionale dans le cadre d’une campagne de sociofinancement qui aidera à la fois aînés isolés et producteurs à proximité.

La campagne « Tous mobilisés pour nos aînés », lancée le 8 mai sur la plateforme La Ruche Estrie, consiste à encourager la popote roulante sous forme de dons. Différentes contreparties sont offertes, comprenant par exemple des bons d’achat ou des abonnements au Marché de solidarité régionale, lesquels sont accompagnés de reçus de charité délivrés par Sercovie.

L’argent amassé servira à se procurer des ingrédients directement auprès de producteurs locaux pour préparer les mets que la popote distribue à un coût réduit de 6,50 $. 

Si l’organisme a réussi à pallier son manque de livreurs bénévoles occasionné par la pandémie avec de plus jeunes recrues, Sercovie craint cependant qu’il y ait bientôt un manque à gagner dans son budget. 

Or, la demande de repas chauds ou congelés livrés à domicile a augmenté de 200 portions par jour depuis le début de la crise sanitaire, tandis qu’on anticipe une hausse du prix de la nourriture. 

Rémi Demers, directeur général de Sercovie, explique que l’organisme doit même déjà faire face à une hausse de près 300 % du prix de certains contenants qu’il utilise pour la distribution de ses mets.

« Le service de la popote roulante doit s’autofinancer à 70 %, dit-il. Les subventions du ministère de la Santé et de Services sociaux représentent 30 % du service. On a des activités d’autofinancement habituellement, mais elles sont pas mal sur pause. On compte par exemple la cafétéria dans nos bureaux, qui est fermée depuis le 16 mars. Nous avons aussi une activité de souper de financement prévue cet automne qui est incertaine. Cette collecte de fonds est vraiment nécessaire pour continuer d’offrir un prix raisonnable pour les repas de la popote roulante et pour assurer le service pour la prochaine année. »

M. Demers, souligne à quel point les services de sa popote roulante, qui représente la plus importante au Québec et la deuxième plus importante au pays, sont bénéfiques pour les aînés confinés. 

« Les clients sont toujours heureux de voir les bénévoles. C’est un contact qui est beaucoup plus limité qu’auparavant, mais ça apporte leur apporte vraiment du réconfort. Nous faisons un appel aux gens en leur demandant de se montrer généreux, et de faire double œuvre utile en encourageant cette campagne », commente M. Demers.  

Au moment d’écrire ces lignes, la campagne avait amassé 40 % de son objectif total de 25 000 $. Dans le cadre de son programme « Du cœur à l’achat », Desjardins s’encourage à doubler les dons amassés jusqu’à concurrence de 25 000 $. Commerce Sherbrooke ajoutera également un minimum de 3750 $ aux fonds amassés via son programme Alvéole, qui soutien des campagnes de financement participatif ayant comme but de consolider l’écosystème commercial de Sherbrooke. 

Les intéressés peuvent contribuer à la campagne « Tous mobilisés pour nos aînés » au https://laruchequebec.com/pour-nos-aines/