Selon l’Université de Sherbrooke, Aude Maltais-Landry est la première étudiante de la faculté d’éducation de l’UdeS à obtenir la prestigieuse bourse Vanier.

Une bourse Vanier pour étudier les perspectives autochtones

Quelle place occupent les perspectives autochtones dans les manuels scolaires? Quelle place devraient-elles occuper? Aude Maltais-Landry, récipiendaire d’une prestigieuse bourse Vanier, se penchera sur ce sujet dans le cadre de ses études doctorales.

Selon l’Université de Sherbrooke, la jeune femme est la première étudiante de la faculté d’éducation de l’UdeS à obtenir cette distinction.

Celle-ci est décernée tant pour l’excellence universitaire, le potentiel de recherche que le leadership, et permet aux récipiendaires d’obtenir 50 000 $ par année pendant trois ans.

« J’ai commencé à m’intéresser aux réalités autochtones en travaillant dans les communautés, d’abord à titre d’intervieweuse pour Statistique Canada en 2006 et ensuite avec mon travail au sein du Wapikoni mobile... Ce que mes expériences m’ont montré, c’est à quel point je connaissais peu l’histoire des autochtones, à quel point j’avais des préjugés, qui étaient partagés par mon entourage disons blanc, urbain, d’origine canadienne-française, si on peut le dire comme ça. Ça m’a amenée à approfondir ma propre connaissance. Ce qui est difficile quand on parle des réalités autochtones, c’est que ce sont des perspectives diverses et la réalité varie d’une communauté à une autre. Cela rend ça encore plus complexe, parce qu’on ne peut pas généraliser », remet en contexte l’étudiante de l’Université de Sherbrooke, qui fréquente le campus de Longueuil. 

Aude Maltais-Landry a réalisé un mémoire de maîtrise sur la création des réserves et dans ce contexte, elle a travaillé avec la communauté Nutashkuan, une communauté innue de la Côte-Nord.

« Ensuite, pour le doctorat, j’ai eu envie de voir comment on enseignait cette histoire-là à la majorité non autochtone, de voir comment les élèves (...) on a appris cette histoire-là », explique l’étudiante au doctorat, qui veut voir « comment on peut mettre de l’avant ces perspectives-là sur l’histoire ». 

Un nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada a été mis en place l’an dernier. « Je n’ai pas encore fait l’analyse fine de ce programme. Mes commentaires sont encore provisoires », souligne-t-elle d’entrée de jeu, en rappelant du même coup que son projet de recherche en est à ses débuts.

« Ça semble toujours être un espèce d’ajout. Disons que ma première lecture, dans les connaissances que les élèves sont sensés acquérir, on va mentionner la Loi sur les Indiens ou la création des réserves, mais ce n’est pas développé de façon aussi approfondie que les autres éléments. Il reste à voir comment ça va être fait en classe aussi. Il y a un module qui a été ajouté sur les pensionnats indiens au Québec. C’est grâce entre autres à l’action des consultants autochtones (...) On voit quand même qu’il y a des contenus qui sont ajoutés, mais le programme ne nous dit pas comment ça peut être enseigné en classe et ce que les enseignants vont en faire par la suite. Est-ce que les enseignants se sentent outillés pour enseigner cela? Moi, c’est l’une des questions qui m’intéressent... »

L’étudiante estime que l’histoire se base beaucoup sur les sources écrites. « Je pense que si on veut vraiment rendre justice à la perspective des autochtones, il faut vraiment aller chercher dans leurs sources à eux, dans leurs traditions orales, quelle est leur perspective sur ces événements-là. »

Aude Maltais-Landry dit vouloir utiliser une approche qui s’inspire de « la décolonisation de la recherche », une approche qui vise en quelque sorte à déconstruire un cadre eurocentriste ou colonialiste et à travailler en collaboration avec les membres des communautés. Sa démarche pourrait par exemple s’appuyer sur un protocole de recherche mis en place par l’Association des Premières nations Québec-Labrador (APNQL).