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Voulant profiter des rabais d’avant-Noël pour acheter une console de jeux à sa fille, Maryse Létourneau s’est rendue à la succursale Best Buy de Sherbrooke le 20 novembre. 
Voulant profiter des rabais d’avant-Noël pour acheter une console de jeux à sa fille, Maryse Létourneau s’est rendue à la succursale Best Buy de Sherbrooke le 20 novembre. 

Une avance de fonds qui bondit de 43 % en quelques jours

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Lorsqu’elle a accepté l’offre de crédit qui lui a été présentée chez Best Buy, Maryse Létourneau était loin de se douter qu’une simple avance de fonds de 700 $ allait se traduire par un état de compte de… 1004,52 $ en l’espace d’une semaine.

Voulant profiter des rabais d’avant-Noël pour acheter une console de jeux à sa fille, Mme Létourneau s’est rendue à la succursale Best Buy de Sherbrooke le 20 novembre. 

Une fois arrivée dans le magasin, elle décide de profiter d’une offre de crédit offerte en promotion cette journée-là et affichée dans le magasin. On lui remet alors un dépliant afin qu’elle puisse y adhérer en ligne.

Au moment de remplir son adhésion en ligne, on lui offre la possibilité d’obtenir une « avance de fonds rapide » pouvant atteindre 1000 $. Mme Létourneau décide alors d’emprunter 700 $. 

Une fois ses données bancaires transmises, les 700 $ sont déposés dans son compte en quelques heures.

Une semaine plus tard, Mme Létourneau reçoit un état de compte, non pas de Best Buy, mais d’une agence de crédit appelée Crédit ultime. Un état de compte qui s’élève à 1004,53 $, soit 704,53 $ d’avance de fonds, auxquels se sont ajoutés 300 $ de « frais ». Des frais qui représentent 43 % par rapport à l’avance de fonds obtenue quelques jours plus tôt.

Dès le lendemain, Mme Létourneau constate que Crédit ultime a utilisé ses données bancaires pour retirer elle-même les 300 $ de frais de son compte de banque.

« Je n’en revenais pas. Comment peut-on venir fouiller directement dans notre compte de banque comme ça? On ne m’a jamais parlé de ça avant. Non seulement, on ne m’a jamais parlé de ces frais-là, mais on vient les chercher directement dans mon compte quelques jours plus tard… Cet argent-là, j’en ai de besoin », affirme la mère de famille. 

Son appel au service à la clientèle de Crédit Ultime ne lui a pas permis d’éclaircir la situation. 

« J’ai tenté de négocier avec eux. Je leur ai dit que j’étais prête à leur rembourser les 700 $ tout de suite, mais à condition qu’ils me remettent les 300 $ de frais. Ils m’ont répondu qu’il était trop tard, que j’avais eu 48 heures pour briser le contrat après l’avoir signé, et qu’il n’y a plus rien à faire… »

Au Service à la clientèle de Crédit ultime, on nous a refusé de discuter du cas de Mme Létourneau « pour des raisons de confidentialité ».

Recours

L’entreprise, qui a pignon sur rue à Brossard, n’est pas connue de l’Office de protection du consommateur pour avoir fait l’objet de plaintes, indique son porte-parole Charles Tanguay. 

« Ce n’est pas parce qu’on n’a pas reçu de plaintes que cela veut nécessairement dire que ces pratiques-là sont légales, précise M. Tanguay. Souvent les gens ne se donnent pas la peine de nous appeler pour déposer une plainte. »

Même réaction du côté d’Option consommateurs, où on dit ne pas avoir de dossier concernant cette agence de crédit.

Tant chez Option consommateurs qu’à l’Office de la protection du consommateur, on invite les clients qui se croient lésés par ce type de pratiques à ne pas hésiter à porter plainte.

On rappelle aussi qu’une poursuite devant la Cour du Québec, division des petites créances, est aussi possible lorsque la somme en litige est de 15 000 $ ou moins. Un service de médiation est aussi offert. 

Mme Létourneau dit évaluer tous ses recours. D’ici là, elle dit vouloir alerter les consommateurs sur ce type de pratique. « Je ne dois pas être la seule. Il y a sûrement d’autres personnes à qui cela est arrivé », dit-elle.