Le conseil d’administration de la Coopérative a été élu le 9 décembre 2019.
Le conseil d’administration de la Coopérative a été élu le 9 décembre 2019.

Une année «rock and roll» à La Tribune

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Il y a un an jour pour jour, la Coopérative de solidarité La Tribune voyait le jour. Le 9 décembre 2019 avait lieu l’assemblée générale de fondation. En plus d’avoir composé avec la pandémie, les artisans du quotidien ont fermé leurs presses, ont déménagé rue King Ouest, ont effectué leur virage numérique et mis en place l’abonnement virtuel, ont embauché un nouveau directeur général et un nouveau chroniqueur. Tout ça dans les 365 derniers jours. Et elle en sort plus forte.

Le 23 décembre de la même année, les coopératives de, La Tribune, du Droit, du Soleil, de La Voix de l’Est, du Quotidien et du Nouvelliste, obtenaient l’aval de la Cour supérieure pour reprendre la possession de leur média respectif. 

Ce fut une grosse année pour le président du conseil d’administration de la coopérative et ancien maire de Sherbrooke, Jean Perrault. « Ç’a été assez compliqué! raconte-t-il. [...] Ç’a été très mouvementé. »

« Ce qu’il est intéressant de constater, c’est l’appréciation de la population dans les gestes qui sont posés. Dernièrement, la section Ma Région dans l’application numérique a été très bien accueillie par les lecteurs », constate l’ancien maire, qualifiant l’année de « rock and roll ».

L’ensemble du conseil d’administration a appris à connaître le rouage administratif. « Il y a eu une assemblée générale, un lac-à-l’épaule... Bref, il y a eu du pain sur la planche! » témoigne celui qui ne pensait pas que son travail bénévole à titre de président du CA allait être compliqué par une pandémie.

Virage numérique en accéléré

Trésorière pour la coopérative et journaliste, Mélanie Noël rappelle que les mois de janvier et février étaient prometteurs pour la suite des choses. « Notre plan de relance nous permettait d’atteindre la rentabilité à la troisième année. On était au-dessus de nos prévisions. Quand la pandémie est arrivée, c’était un choc, comme pour tout le monde. On a perdu 80 % de nos annonceurs en peu de temps, donc on a dû réagir rapidement, comme plusieurs », se souvient celle qui est impliquée dans la relance du journal depuis l’annonce de la chute du Groupe Capitales Médias.

« On a donc entrepris notre virage numérique beaucoup plus rapidement qu’on pensait, poursuit-elle. Alors que le plan devait s’étaler sur 15 à 18 mois — on devait abandonner le papier de façon progressive et arriver à une édition papier seulement le samedi à l’été 2021 —, on l’a fait en mars 2020. »

Les employés ont donc dû s’habituer à s’investir pour les éditions numériques dans le contexte de télétravail, pendant que d’autres faisaient leurs boîtes au 1950 rue Roy pour déménager rue King Ouest. 

Récemment, La Tribune a lancé son abonnement numérique. « Ceux qui s’abonnent cette semaine ont quatre semaines gratuites. À ce jour, la réponse est excellente, ce qui cause un débordement au service à la clientèle. On s’en excuse, mais ça prouve que la demande est là », lance Mme Noël, soulignant cependant que La Tribune a au moins eu l’occasion de remercier la population lors du gala du Mérite estrien, organisé juste avant la crise de la COVID-19. 


« Ça me permet d’arriver en sachant qu’il y a une équipe en place qui a un niveau d’engagement extraordinaire. »
Hugo Fontaine

Les employés ont également su trouver des méthodes de financement concrètes : le café La Tribune d’Hubert Saint-Jean, disponible dans 12 points de vente, a trouvé preneur à 4044 reprises en région. Et la vente des clichés des photographes a permis à la coopérative de financer une partie de ses activités. 

Le nouveau directeur général du journal, Hugo Fontaine, a suivi le dossier de la création de la coopérative, alors qu’il était directeur de la section affaires de La Presse

« De l’extérieur, ce qui nous a impressionnés, c’est la capacité qu’ont eue les employés des coops de se retrousser les manches et de ne pas s’apitoyer sur leur sort. Il y avait une mission primordiale qui était de sauver les entreprises. Il y avait quelque chose de neuf dans le modèle pour préserver cette mission fondamentale. J’ai trouvé ça impressionnant, admirable et stimulant. Ce n’est certainement pas étranger au fait que j’ai décidé de me joindre à l’équipe. Ça me permet d’arriver en sachant qu’il y a une équipe en place qui a un niveau d’engagement extraordinaire. C’est vraiment plaisant », exprime M. Fontaine.