Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie Richard Bergevin souligne qu’il y a actuellement une impasse dans les négociations avec le gouvernement provincial.
Le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie Richard Bergevin souligne qu’il y a actuellement une impasse dans les négociations avec le gouvernement provincial.

Un vote de grève attendu cette semaine en éducation

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) et le Syndicat du personnel technique et administratif (SPTA-CSQ) du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke tiendront respectivement un vote de grève lors de la prochaine semaine. Les deux syndicats estiment que leurs négociations avec Québec sont toujours dans une impasse, et ce, plusieurs mois après leur début.

En raison du contexte sanitaire actuel, le SEE tiendra quatre assemblées virtuelles, du 18 au 21 janvier, où ses membres se prononceront en faveur ou en défaveur d’un mandat de grève de cinq jours. Les enseignants du Centre de services scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) se prononceront lundi et mardi. De leur côté, les enseignants du CSS des Hauts Cantons et des Sommets voteront respectivement mercredi et jeudi. « Nous sommes au même point qu’au mois de mai 2020. Il faut se rappeler qu’avec l’arrivée de la pandémie, le gouvernement nous avait demandé de suspendre les négociations. Nous étions en accord. Rapidement, le gouvernement nous a dit qu’il souhaitait faire un blitz de négociations au printemps pour régler le tout. Toutefois, Québec n’a jamais fait le travail à la table des négociations pour arriver à une entente satisfaisante. Les vrais enjeux de la négociation n’ont pas été traités. Les négociateurs de la partie patronale n’ont pas de mandat pour faire avancer les négociations », note le président du SEE, Richard Bergevin.

Le SEE, qui compte environ 3500 membres, fait partie de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). Le 15 janvier, en avant-midi, 1111 membres étaient inscrits aux différentes assemblées. 

Quatre éléments sont au cœur des priorités du SEE : la composition des classes et les services pour les élèves en difficulté, la diminution de la lourdeur de la tâche, l’amélioration de l’entrée dans la profession par l’entremise de tutorat par exemple et une meilleure rémunération de la profession. 

La reconnaissance de la profession d’enseignant est également un cheval de bataille pour l’organisation syndicale. Richard Bergevin évoque que plus de 20 % des nouveaux enseignants quittent la profession dans les cinq premières années et que certains enseignants expérimentés quittent avant l’âge de la retraite. « Le problème majeur est la pénurie d’enseignants. Il en manque », explique-t-il en soulignant que les enseignants de la Belle Province sont les moins bien rémunérés au pays. « Nous comprenons très bien que nous sommes dans un contexte de pandémie. Avant qu’elle arrive, nous avions des demandes assez élevées. Ça fait plus de 15 ans que le système d’éducation est sous-financé. [...] Nous avons diminué de façon substantielle nos attentes par rapport à la négociation, mais il faut que le gouvernement fasse un pas. Si on ne corrige pas les problèmes dans les milieux, on n’attirera pas les plus jeunes dans la profession et les plus vieux vont continuer de quitter de façon prématurée. » 

Des contrats sont actuellement à pourvoir dans le milieu en raison du manque d’enseignants. « Ça veut dire qu’il y a des enfants qui ne reçoivent pas nécessairement les services éducatifs qu’ils devraient recevoir ou qu’il y a des enseignants qui se retrouvent en surcharge. »

« Il faut qu’il y ait des changements importants. Le gouvernement doit poser des gestes concrets », insiste le président du SEE en expliquant que l’objectif n’est pas d’entrer en grève. 

M. Bergevin soutient ne pas vouloir présumer de l’issue du vote. 

Le SPTA-CSQ se prononcera également 

La présidente du SPTA-CSQ du CSSRS, Renée Bibeau, estime également que les négociations avec Québec sont dans une impasse. « Il n’y a pas d’avancée significative tant sur le plan sectoriel qu’intersectoriel. Nous avons diminué nos demandes, mais le gouvernement n’a absolument pas bougé », explique-t-elle. Le syndicat estime qu’il est primordial que les conditions de travail soient améliorées. « Il faut diminuer la pénurie de personnels. L’essentiel de nos demandes vise l’attraction et la rétention des employés. »  

Rappelons que les membres du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke (CSQ) ont voté en faveur de la tenue d’une grève à majorité au mois de décembre 2020. Cette dernière pourra être exercée au moment jugé opportun.