Le lac des Nations
Le lac des Nations

Un trésor bleu qu’il faut polir

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
COMMENTAIRE / Deux rivières en eaux calmes qui quadrillent la ville.

De larges sections de rives naturelles qui permettent à certaines espèces d’y établir leur habitat.

Des vestiges d’un passé lointain ou pas qui ne demandent qu’à se laisser interpréter.

Qu’attendent les élus sherbrookois pour développer ce potentiel immense qui pourrait servir de produit d’appel sans que des investissements majeurs soient nécessaires?

Le projet Cité des rivières a permis d’aménager le tour du lac des Nations. Des pistes multifonctionnelles ceinturent les rivières Magog et Saint-François. On parle de donner accès au confluent des deux rivières avec le réaménagement du pont des Grandes-Fourches.

Sherbrooke doit maintenant saisir l’opportunité de donner plus facilement accès à ses rivières aux citoyens et ainsi offrir à des touristes friands de plein air une occasion de s’arrêter pour découvrir cette richesse que l’on a sous les yeux tous les jours.

« C’est un potentiel incroyable de pouvoir faire découvrir l’histoire d’une ville à partir de son plan d’eau. Il faut miser sur ce patrimoine pour attirer les gens à Sherbrooke », croit David Martel.

Ce dernier et Mercedes Becerra ont été freinés dans leur élan de faire émerger ce potentiel cette semaine pour un problème de zonage.

Leur tour guidé sur l’eau Sherb-histoire, développé avec le Musée d’histoire de Sherbrooke, et la location de kayaks à partir de la rue de l’Esplanade ont attiré, selon leur estimation, plusieurs centaines de personnes au cours de l’été. David Martel estime à 50 pour cent le nombre de personnes qui provenaient de l’extérieur de la région, dont la moitié passait la nuit ici.

Une initiative saluée cette semaine par certains élus, qui ont manifesté leur intérêt à trouver des solutions avec cet entrepreneur privé pour que ce produit touristique ne meure pas.

Il faut en effet trouver une solution pour maintenir ce produit et même encourager le développement de ce produit touristique vert.

Destination Sherbrooke avait déjà pavé la voie à cette découverte des rivières Saint-François et Magog en canot et en kayak en structurant le corridor bleu. Des circuits de 14 km pour la Magog et 16,5 km pour la Saint-François qui permettent de découvrir Sherbrooke sous un autre angle.

Quelques panneaux de signalisation pour savoir où entrer et où sortir de la rivière, mais peu d’aménagement. Il y a bien une entente avec Atmosphère pour effectuer le transport des embarcations, mais le produit n’est pas poussé à son plein potentiel pour que les rivières sherbrookoises soient davantage découvertes par les visiteurs.

« C’est certain que des améliorations pourraient être apportées pour un meilleur accès à ces plans d’eau, qui représentent un très bon potentiel. Le projet de la Sherb-histoire est une belle initiative », affirme Amélie Boissonneau de Destination Sherbrooke.

S’il n’en tient qu’à David Martel et Mercedes Beccera, la Sherb-histoire sera de retour l’an prochain. Ils confirment vouloir travailler rapidement de concert avec les autorités municipales pour trouver une solution.

Effectivement, il ne faut pas tarder. 

Les ventes de kayaks ont explosé dans les commerces de plein air sherbrookois. Les activités de plein air sont plus populaires que jamais et le tourisme local est à l’honneur en ce temps de pandémie.

Réaménager un quai au Marché de la gare, donner accès à celui du pavillon Armand-Nadeau, baliser les entrées sur la Saint-François pour qu’il soit plus facile d’y accéder au centre-ville, reprendre le service de navette, peut-être en partenariat avec la Société de transport de Sherbrooke (STS), pour ceux qui découvrent nos rivières, autant d’actions peu dispendieuses et que Sherbrooke pourrait mettre en place rapidement pour consolider son offre de plein air urbain. 

Sherbrooke ne doit pas échapper cette opportunité d’en faire un produit d’appel tant recherché en tourisme.

Des gens qui arrivent à Sherbrooke pour une telle activité de plein air peuvent profiter des restaurants, des autres attractions et y rester une, deux, trois nuits ou même davantage. 

Les Sherbrookois contemplent depuis longtemps ce trésor bleu, il ne reste qu’à le polir.