« Les gens ont fait des réflexions importantes sur leur mode de vie cette année. Ils souhaitent vivre dans un endroit confortable qui répond davantage à leurs besoins », explique Jean Roy, professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable.
« Les gens ont fait des réflexions importantes sur leur mode de vie cette année. Ils souhaitent vivre dans un endroit confortable qui répond davantage à leurs besoins », explique Jean Roy, professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable.

Un temps des Fêtes à l’avance

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Après le papier de toilette et les matériaux de construction, voilà que les Québécois font le plein de lumières et d’articles du temps des Fêtes. Si les clients sont pressés d’enjoliver leur décor, les détaillants, eux, doivent jongler avec une pandémie et des changements d’habitudes de consommation significatifs.

Selon Jean Roy, professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable, la pénurie d’articles du temps des Fêtes dans les commerces s’explique par plusieurs éléments.

« Dans un premier temps, les commerçants ont joué de prudence lors de leurs commandes, qui se font généralement six mois à l’avance, en ne sachant pas dans quelle situation nous nous retrouverions aujourd’hui. Ils ne pouvaient prédire par exemple qu’un nombre important de snowbirds passeraient l’hiver au Québec. À cela, les pertes d’emplois et les baisses de revenus dans plusieurs ménages ne promettaient pas nécessairement une augmentation des ventes », explique celui qui se spécialise en comportements d’achat.

Depuis le début de la pandémie, les détaillants ont également observé une hausse de ventes dans les secteurs de la santé et du confort. Selon M. Roy, cela s’expliquerait par le fait d’être davantage à la maison, notamment en situation de télétravail.

« Les gens ont fait des réflexions importantes sur leur mode de vie cette année. Ils souhaitent vivre dans un endroit confortable qui répond davantage à leurs besoins. Ils tentent aussi de combattre la déprime en rendant le tout un peu plus festif. Cela expliquerait la hausse significative de ventes liées aux matériaux de construction, aux meubles, aux électroménagers et aux articles du temps des Fêtes. »

Le professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable, Jean Roy.

De nombreux défis

M. Roy rappelle que les détaillants font face à de nombreux défis. Outre le virage drastique de certains commerçants vers le numérique, ces derniers doivent s’assurer d’offrir un lieu de magasinage sécuritaire et agréable aux consommateurs.

« Pour s’y faire, certains ont décidé d’étirer les heures d’ouverture pour diminuer l’achalandage, d’autres ont choisi d’offrir des rabais plus tôt afin de permettre aux gens de venir magasiner plus progressivement. Évidemment, les gens veulent éviter la cohue du mois de décembre et on comprend tout à fait pourquoi dans un contexte de pandémie. C’est une observation que l’on fait depuis quelques années, mais la pandémie est venue amplifier le phénomène », explique M. Roy.

Il ajoute que même si certains clients peuvent se voir offusquer de n’avoir pu s’approvisionner à temps pour la période des Fêtes, les commerçants font des efforts constants pour s’adapter à la situation.

« L’adaptation se fait à vitesse variable, mais il faut surtout se rappeler que les détaillants naviguent à vue. Ils ne peuvent pas se fier aux historiques des années passées. Ils font du mieux qu’ils peuvent, mais c’est très difficile.»