Le plongeur caméraman et photographe Mario Cyr est venu rencontrer les élèves du Collège Mont Notre-Dame, vendredi matin.

Un témoin privilégié des beautés du monde

SHERBROOKE —  Qui de mieux pour sensibiliser les jeunes aux beautés du monde et à la santé des cours d’eau que le caméraman sous-marin Mario Cyr ?

Le Madelinot d’origine s’est arrêté au Collège du Mont Notre-Dame, vendredi matin, à l’invitation de Romy Lupien-Phaneuf, une élève qui a fait de la protection des cours d’eau l’une de ses batailles dans le cadre de son projet personnel réalisé dans le cadre du programme d’éducation internationale.

L’excellent conteur, qui a parcouru plus de 60 pays, a partagé ses connaissances pendant plus d’une heure quinze... Et lorsque la cloche a sonné pour la récréation, son auditoire est demeuré là pour l’écouter.

Mario Cyr est spécialisé dans la plongée sous-marine en eau froide. Cet été, il est revenu de son 40e voyage en Arctique. L’explorateur des fonds marins a notamment collaboré à plus de 150 documentaires produits par National Geographic et Discovery Channel, qui lui doivent notamment d’époustouflantes images d’ours polaires, de bélugas et de baleines à bosse.

« Tout est parti d’une passion, raconte Romy Lupien-Phaneuf, une élève de cinquième secondaire. J’ai voyagé, j’ai expérimenté la plongée, c’est un monde époustouflant, c’est vraiment une belle expérience. Je suis allée faire du bénévolat pour Action Saint-François : les eaux étaient polluées », raconte la jeune femme de 16 ans qui est allée rencontrer ses camarades d’autres niveaux pour les sensibiliser. L’élève du Mont Notre-Dame s’est mise à s’intéresser à tous les aspects de la plongée, et du même coup, à la sauvegarde des cours d’eau. Elle souhaite maintenant éveiller les consciences autour d’elle. « J’ai pris la négativité en transformant cela en quelque chose de positif », souligne-t-elle.

Mario Cyr se déplace dans une quarantaine d’écoles par année, mais rarement il est invité directement par les élèves, souligne-t-il. Celui qui approche la soixantaine en profite pour partager la passion de son métier aux jeunes.

« J’essaie de leur expliquer comment ils chanceux de vivre dans un endroit comme au Québec parce que quand on a un rêve, quelque chose que l’on veut faire dans la vie et qu’on y croit, on y arrive. Quand j’avais leur âge, c’est ce que je voulais faire, travailler en plongée sous-marine. Même si des personnes autour de moi essayaient de me décourager parce que ce n’est pas vraiment évident, parce que c’est un métier qui sort de l’ordinaire, à force de persévérer, j’ai réussi à pouvoir vivre de ce métier-là. »

Sa conférence aborde aussi la question des changements climatiques, qui rendent parfois ses tournages plus difficiles. « J’ai une confiance énorme aux jeunes. On n’a pas réussi : quand on parle de ma génération — la mienne et celle qui nous a précédés — on a foutu un peu le monde dans un méchant bordel. C’est probablement les jeunes qui vont nous en sortir. J’ai beaucoup confiance en eux. » Mario Cyr souligne qu’il n’est pas un scientifique, mais un « témoin privilégié » des changements que vit le monde, dont la fonte des glaces.

Le conférencier a captivé son auditoire, vendredi matin, en racontant ses histoires et ses anecdotes sur fond d’images d’une grande beauté, suscitant les « oh » et les « ah » des élèves présentes.

Le grand voyageur présentera sa conférence « Les yeux de la mer » le 17 avril prochain au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.