Dix ans après sa greffe pulmonaire, Marie Bureau souhaite célébrer la vie, redonner aux familles des donneurs d’organes et sensibiliser la population à l’importance de ces dons qui prolonge des vies.

Un surplus de vie de 10 ans pour Marie Bureau

Le 23 août 2009, Marie Bureau recevait la greffe pulmonaire qu’elle attendait depuis trois ans. Pour célébrer le 10e anniversaire de cette deuxième vie, exprimer sa reconnaissance et redonner aux familles des donneurs d’organes, la Sherbrookoise organise, samedi, un Photo Don.

« J’ai eu un surplus de vie. Quand on m’a greffée, on m’a dit que l’espérance de vie médiane était de 7 ans. On m’a aussi dit que 10 ans après une telle greffe, 70 pour cent des greffés sont décédés. Je ne pensais pas vivre aussi longtemps. Je vis dans la reconnaissance. Ces dix ans m’ont apporté beaucoup de gains, comme celui de connaître mes petits-enfants », raconte Mme Bureau.

Au cours de ces dix ans, elle a aussi vécu certains deuils, comme une séparation et la perte de ses parents. « En même temps, survivre à mes parents était un de mes souhaits les plus profonds lorsque je suis tombée malade. Mes parents avaient déjà perdu un fils en 1998 et jamais je n’aurais souhaité qu’ils revivent cette grande douleur », note la Sherbrookoise de 62 ans, qui, malgré sa greffe de poumons, n’hésite pas à s’essouffler.

Elle joue au tennis chaque semaine, a découvert le bateau dragon et le pickleball au cours des dernières années et s’est remise au vélo récemment.

Au cours de la dernière décennie, elle a participé aux Jeux des greffés de Québec, Moncton, Calgary et Toronto. Et c’est dans ses projets de se rendre aux Jeux mondiaux des greffés à Lake Louise cet hiver. « Le sport me fait beaucoup de bien », confie Mme Bureau, qui est plus active que bien des personnes non greffées.

« Je suis chanceuse, car je prends peu de médications. Ma compatibilité avec mon donneur est excellente. Je n’ai jamais eu de début de rejet ou de pneumonie après mon opération », note-t-elle soulignant que les journées qui ont suivi l’opération ont été plus difficiles.

« Je n’ai pas peur »

« Ça l’a pris neuf jours avant que je me réveille. Les médecins n’ont pas trouvé d’explication. Après j’avais une grande faiblesse musculaire. Il a fallu que je fasse beaucoup d’exercices, mais j’ai travaillé fort et je n’ai jamais reculé depuis », mentionne la mère de deux grandes filles et grand-mère de deux petites-filles et deux beaux-petits-fils.

Mme Bureau aime la vie, mais n’a pas peur de la mort. « Je n’ai pas peur, car je suis croyante. C’est aussi simple que ça. Quand j’ai quitté mes proches pour la salle d’opération en 2009, je leur ai dit que, d’une manière ou l’autre, je m’en allais vers une meilleure vie. Soit une meilleure qualité de vie soit la vie éternelle », souligne Mme Bureau.

Le Photo Don, organisé en collaboration avec la Fondation Justin-Lefebvre et la Fondation du CHUS, se tiendra entre 13 h et 16 h au Club nautique de Sherbrooke, situé au parc Blanchard. Les dons suggérés sont de 20 $ pour une photo et 35 $ pour deux. Les photographes bénévoles sont Janie Boulianne-Gref, qui a récemment reçu une greffe rénale, et Amélie Langlois. Tous les dons serviront à aider les familles de donneurs.

« Entre le mort clinique et le prélèvement des organes, il y a entre 24 et 72 heures. L’argent amassé servira à payer les dépenses liées aux repas, le stationnement et la chambre d’hôtel si c’est nécessaire », résume Mme Bureau, qui est encore et toujours reconnaissante envers son donneur et ses proches.

« La fragilité de la vie est inscrite en moi », se résigne-t-elle.