Éric Lamontagne
Éric Lamontagne

Un suivi psychiatrique imposé à Éric Lamontagne

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Admissible à une libération conditionnelle complète depuis plus de 12 ans, le meurtrier Éric Lamontagne devra encore se soumettre à des conditions dans le cadre de sa semi-liberté.

Maintenant âgé de 51 ans, Lamontagne a passé déjà plus de 22 ans en prison après avoir été condamné à la détention à perpétuité pour le meurtre au deuxième degré de son père en 1998. Il avait tué son père Gaétan Lamontagne de 43 coups de couteau dans un chalet de Sainte-Catherine-de-Hatley alors qu’il se trouvait en « micropsychose ».

Dans une décision récente, la Commission libérations conditionnelles du Canada (CLCC) impose à Éric Lamontagne un suivi avec un psychiatre.

À LIRE AUSSI: La libération conditionnelle d’Éric Lamontagne prolongée

Éric Lamontagne confié à une maison de transition

« La Commission note que vous êtes aux prises avec des difficultés personnelles en santé mentale qui nécessitent une prise en charge spécialisée afin de s’assurer d’une bonne stabilité de votre état mental. Dans ce contexte, vous devrez donc suivre le traitement psychiatrique organisé par votre surveillant de libération conditionnelle dans le domaine de la santé mentale », expliquent les commissaires dans leur décision.

La CLCC a prolongé de trois mois la semi-liberté de Lamontagne qui poursuivra son cheminement dans un centre résidentiel communautaire. Selon la dernière évaluation psychologique au dossier de Lamontagne, il présente un risque de récidive violente modéré.

La Commission a ordonné une audience « afin d’évaluer vos réels progrès eu égard à vos difficultés à gérer vos frustrations et vos émotions. »

La CLCC estime que son problème de santé mentale constitue un facteur de risque important, même s’il est présentement stable.

« La Commission veut également évaluer vos capacités à mettre en application les outils et les notions que vous avez acquises tout au long de votre incarcération et de votre séjour en maison de transition notamment. Elle veut procéder à l’évaluation des risques que vous présentez pour la collectivité », mentionne la CLCC.

Avant de bénéficier d’une semi-liberté et d’être confié à une maison de transition par la CLCC à la fin de 1999, Éric Lamontagne avait reconnu la distorsion de sa pensée en ce 20 novembre 1998 où il a asséné 43 coups de couteau à son père. Il s’était alors excusé des violents gestes posés.

La consommation de drogue et d’alcool jumelée à des problèmes de santé mentale non contrôlés et à des idées suicidaires, ont entre autres poussé Éric Lamontagne à vouloir régler ce qu’il croyait être le problème de sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle, en enlevant la vie à son père.

La victime avait été attirée au sous-sol du chalet voisin de sa résidence à Sainte-Catherine-de-Hatley par une supposée panne de chauffage à l’endroit dont il avait la charge en l’absence des propriétaires. Son fils l’y attendait, un couteau à la main pour le poignarder à de multiples reprises.

Éric Lamontagne a été condamné à la prison à vie en 2001 sans possibilité de libération conditionnelle avant 14 ans après avoir été trouvé coupable de meurtre au deuxième degré. La Cour d’appel a ordonné un nouveau procès en 2006 dans son dossier. Un an plus tard, Lamontagne a plaidé coupable à un meurtre au deuxième degré avec possibilité de libération conditionnelle après dix ans. Il a tenté de faire casser le verdict en Cour d’appel puis en Cour suprême, demandes qui lui ont été refusées.

Avant sa libération en décembre 2019, Éric Lamontagne était détenu dans un pénitencier à sécurité minimum depuis 2012.