Un Sherbrookois a été victime de l’arnaque d’un faux prêteur sur internet, dénonce l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie.
Un Sherbrookois a été victime de l’arnaque d’un faux prêteur sur internet, dénonce l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie.

Un Sherbrookois se fait arnaquer par un faux prêteur

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Un consommateur sherbrookois a été victime d’une arnaque fomentée par un faux prêteur sur internet. L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF Estrie) invite la population à se méfier quand vient le temps d’emprunter de l’argent via le web.

« Son histoire peut aider d’autres consommateurs à ne pas tomber dans le panneau », note Sylvie Bonin, coordonnatrice à l’ACEF Estrie.

« Nous pouvons supposer qu’il y a plusieurs fraudeurs et plusieurs «noms d’entreprises» utilisés. »

Le consommateur avait trouvé un prêteur et avait demandé un prêt. L’entreprise avait accepté d’accorder un prêt au taux de 4% et avait envoyé un contrat par texto. Par la suite, on a demandé au consommateur de payer des frais de notaire avant de verser le montant du prêt.

« Il y avait un problème technique et probablement planifié pour ce versement, et comme c’était pressant, l’entreprise a indiqué par texto au consommateur de faire un virement bancaire directement dans le compte du notaire », raconte Mme Bonin. 

« Une fois ce virement effectué, le faux prêteur a demandé des frais pour l’assurance-prêt, conditionnel au versement du prêt. C’est cette deuxième demande qui a mis la puce à l’oreille du consommateur. » 

Le Sherbrookois en question a eu le bon réflex, mais a quand même perdu quelques centaines de dollars. Il s’est rendu à l’ACEF Estrie dans le but de faire annuler le contrat de crédit qu’il croyait encore valide à ce stade. 

« Nous avons alors fait des vérifications. L’entreprise a un site internet, mais pas de permis de prêteur de l’OPC ni d’enregistrement au Registre des entreprises du Québec », soutient Sylvie Bonin.

« Le supposé notaire à qui l’argent a été versé n’est pas inscrit à l’Ordre des notaires. Et le contrat d’assurance-prêt envoyé était bidon aussi, avec un autre nom d’une supposée notaire non inscrite à l’Ordre des notaires. » 

Le consommateur s’est donc bel et bien fait arnaquer d’un montant d’environ 700 $ et le montant aurait été plus élevé s’il avait payé la supposée assurance-prêt de 1400 $, ajoute-t-elle. 

« Par ailleurs les fraudeurs ont maintenant ses informations personnelles, incluant ses coordonnées bancaires! » dit-elle.

Il est préférable de faire affaire avec des institutions connues. De plus, un prêteur ne demande pas d’argent à son client. Il est recommandé aussi de procéder à quelques vérifications avant de signer un contrat du genre.   

« Il faut aussi savoir qu’avec un virement bancaire, vous n’avez pas de possibilités de ravoir votre argent. En tout temps, surtout lors de transaction à distance, un paiement par carte de crédit protège mieux », souligne Mme Bonin.

L’ACEF Estrie n’a répertorié qu’un seul cas jusqu’à maintenant, mais on est d’avis que la fraude est plus répandue.

Une mise en garde a été publiée à cet effet par l’Office de la protection du consommateur (OPC) et l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ces organismes avisent la population que de faux prêteurs d’argent utilisent les médias sociaux pour recruter leurs « clients ». 

Ils font miroiter des offres de prêts personnels, de prêts auto ou de prêts hypothécaires à des taux très avantageux, un stratagème pour exiger quelques milliers de dollars en frais divers, payables à l’avance par virements. Ils recueillent au passage des renseignements personnels hautement sensibles, comme les coordonnées bancaires des emprunteurs.

Les fraudeurs prétendent être affiliés à des institutions financières reconnues. Souvent, leur nom affiché ne correspond à aucune dénomination sociale enregistrée au Québec. Leur site web peut être hébergé à l’extérieur du Québec. Bien entendu, ces organisations ne disposent pas du certificat ou du permis requis, selon le cas, par l’Autorité ou par l’OPC.