Axel Royer-Gagné pilote un Beechcraft Sundowner dans le premier épisode de la série documentaire Pilotes de demain.

Un Sherbrookois dans la série documentaire Pilotes de demain

Axel Royer-Gagné ne se serait jamais vu devenir pilote de ligne. S’il a appris à naviguer les océans de façon complètement autonome, en voilier, déployer ses ailes pour traverser le même océan aux commandes d’un avion lui paraissait impossible. Et pourtant, le Sherbrookois de 30 s’est inscrit au Centre québécois de formation en aéronautique à Chicoutimi. Il est l’un des protagonistes de la série documentaire Pilotes de demain qui sera diffusée à partir du 8 janvier à 19 h 30 au Canal D.

Le Sherbrookois, qu’on pourra suivre dans le premier épisode, de son arrivée à Chicoutimi à son premier vol dans un véritable appareil, n’a jamais eu peur des défis. Il n’en sera d’ailleurs pas à ses premières armes au petit écran, lui qui s’était lancé dans l’aventure de la Course Évasion autour du monde en 2011.

Après son aventure de reporter nomade, il a parcouru le monde avec son sac à dos, a appris à naviguer... jusqu’à faire naufrage dans le triangle des Bermudes. Le voilier qu’il ramenait du Sénégal vers l’Amérique du Nord avait chaviré en 2013.

Dans les dernières années, il travaillait comme directeur de production pour des vidéoclips en plus de réaliser des publicités et des vidéos promotionnelles. « Je n’ai pas l’impression de changer de domaine. Je le vois simplement comme l’ajout d’une compétence à mon arc. »

C’est étrangement la recherche d’un nouveau voilier, après le naufrage, qui a mené Axel Royer-Gagné à l’aviation. « J’économisais pour racheter un bateau. J’en ai visité sept avant de trouver le bon. Son propriétaire était pilote de brousse dans le Grand Nord pour Air Inuit. Il m’a fait comprendre à quel point la navigation se rapproche de voler. »

Père de trois enfants, le jeune homme n’a jamais cessé de vouloir voir le monde. « J’avais besoin de m’accomplir professionnellement. Ça m’est apparu comme la voie. J’ai essayé une première fois d’être admis au Centre québécois de formation en aéronautique, mais ça n’a pas fonctionné. Il y a des tests médicaux, des tests de dépistage de drogue et un test écrit dans un amphithéâtre avec 400 autres aspirants. Il y avait aussi une simulation qui ressemblait à un jeu vidéo. Je n’avais jamais joué à des jeux vidéo de ma vie. J’ai manqué de confiance et j’ai échoué. »

Axel Royer-Gagné

Chanceux

Loin de baisser les bras, l’aventurier a profité de son dernier congé parental pour naviguer jusqu’aux Bahamas et s’entraîner pour les tests de la mouture suivante. Bingo! Il s’engageait pour une formation de trois ans.

« J’avais été bohème au début de la vingtaine. À cet âge-là, on se sent comme le roi du monde, mais on ne connaît pas grand-chose. J’étais rendu là. J’avais besoin de cette rigueur. »

Axel Royer-Gagné se considère chanceux d’avoir été admis dans la plus grande école publique d’aviation au Québec. « Les professeurs sont d’anciens militaires, d’anciens pilotes. Le mien est un ancien pilote de chasse. »

Si la pression d’apprendre à voler peut être importante, celle de passer à la télévision aurait pu l’être davantage. « Je me suis porté volontaire pour la série documentaire. Je ne suis pas stressé parce que je suis là pour apprendre. Je suis là pour faire des erreurs et je ne pars pas avec l’idée que j’ai quelque chose à prouver. »

Le Sherbrookois y voit aussi une occasion d’expliquer à ses enfants ce qu’il fait réellement à « l’école des avions », où il se rend chaque semaine avant de revenir passer ses week-ends en Estrie.

Si les téléspectateurs verront les futurs pilotes de ligne, les futurs pilotes de brousse et les futurs pilotes d’hélicoptère au fil des huit épisodes, ils seront aussi témoins de la formation de survie dispensée aux élèves. « On nous amène passer une nuit en forêt, en hiver, où il faut creuser la terre avec nos raquettes. On nous attache aussi dans la carcasse d’un avion qu’on tourne à l’envers... dans l’eau. Il ne faut pas paniquer et il faut se libérer. Le programme est vraiment complet. »

L’ancien naufragé s’est servi de son expérience de voile pour surmonter ces défis. « Avec un expert, nous avons analysé pourquoi les gens arrivent à se sortir de ce genre de catastrophe et j’ai fait des liens avec mon expérience. »

Dans le premier épisode, Axel Royer-Gagné pilotera un Beechcraft Sundowner et affrontera... sa première panne de moteur.