La Ville de Sherbrooke révisera l’ensemble des tests réalisés depuis 2013 pour vérifier si des échantillons deviennent problématiques avec les nouvelles normes.

Un seul cas de plomb dans l'eau

Les Sherbrookois n’ont pas à s’inquiéter de la présence de plomb dans leur eau potable. Depuis 2013, sur les 350 tests aléatoires réalisés par la Ville, un seul a permis la détection d’une concentration en plomb plus élevée que la norme établie par le gouvernement du Québec.

Cette norme, fixée à 10 parties par milliard (ppb), est désormais abaissée à 5 ppb. La Ville révisera donc l’ensemble des tests réalisés depuis 2013 pour vérifier si des échantillons deviennent problématiques avec les nouvelles normes.

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« Depuis 2013, le règlement sur la qualité de l’eau potable oblige les municipalités à réaliser un certain nombre d’analyses annuellement. Pour Sherbrooke, ce sont 50 analyses par année, aléatoirement, dans les secteurs où les maisons ont été construites entre 1940 et la fin des années 1970. Un certain nombre de tests, environ 10 %, doivent se faire où on trouve des enfants âgés entre zéro et six ans, entre autres des écoles », explique Jean-Pierre Fortier, chef de la division eau et construction à la Ville de Sherbrooke.

Une douzaine d’écoles auraient fait l’objet d’échantillonnage depuis 2013.

Un seul cas de résidence dépassant les normes de 10 ppb a été recensé. « Il est important de savoir que le plomb n’est pas dans l’eau à la base. Il ne vient pas du lac Memphrémagog ou de l’usine de filtration. C’est le plomb des conduites des résidences qui est dissout. Nous n’avons pas, à notre connaissance, dans l’emprise de la Ville, des entrées de service en plomb ou qui comptent des soudures en plomb. »

Normes différentes

En raison des nouvelles normes, M. Fortier a demandé à son équipe de revisiter les cas étudiés depuis 2013 pour vérifier si les nouvelles normes sont dépassées. « Nous ferons un bilan et nous recommuniquerons avec certains propriétaires pour voir s’il y a la nécessité de faire des tests de façon plus approfondie. »

Il n’est pas possible pour la Ville de reprendre les tests à cette période-ci de l’année. « Nous devons faire l’échantillonnage entre le 1er juillet et le 1er octobre. En ce moment, nous sommes en période d’eau plus froide alors que la dissolution des métaux se fait en période où l’eau est chaude. »

Jean-Pierre Fortier indique que les normes d’échantillonnage ne sont pas les mêmes pour le ministère de l’Environnement et Santé Canada. Dans le premier cas, il fallait laisser couler l’eau cinq minutes avant de prélever un échantillon. Santé Canada recommandait plutôt de fermer le robinet pour que l’eau soit statique pendant 30 minutes et de prendre le premier jet pour procéder à une analyse.

La Ville appliquait la méthodologie du ministère. Si une concentration en plomb était démontrée, les résidants pouvaient accepter une deuxième analyse avec la méthodologie de Santé Canada.

Pour le moment, la Ville ne dispose pas de budget pour corriger les problèmes puisqu’ils relèvent directement des propriétaires des bâtiments. Elle planchera néanmoins, tel que le demande le gouvernement du Québec, à l’élaboration d’un plan d’action. « Nous verrons ce que le gouvernement propose avant de rédiger le plan. Avec les résultats que nous avons obtenus, il n’y a pas lieu de paniquer. Les élus et la direction générale sont au parfum de la situation. Si on veut aller plus loin dans nos recherches sur le terrain, il faudra prévoir des coûts plus élevés que ce qui est prévu pour le moment. »