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Au Cégep de Sherbrooke comme à l’UdeS, on pourra maintenir un seuil minimum de présence pour les cours cet hiver.
Au Cégep de Sherbrooke comme à l’UdeS, on pourra maintenir un seuil minimum de présence pour les cours cet hiver.

Un seuil minimal de présences recommandé en enseignement supérieur

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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SHERBROOKE — En dépit des mesures sanitaires resserrées, le Cégep de Sherbrooke offrira minimalement 25 % de présentiel aux deux semaines pour les cours théoriques. L’institution a l’appui de la santé publique de l’Estrie pour offrir un minimum de présentiel. 

« On recommande de maintenir un seuil minimal d’activités en présentiel autant que possible pour tous les étudiants qui fréquentent des institutions d’enseignement supérieur », précise la Dre Mélissa Généreux, responsable médicale de la cellule en soutien communautaire à la santé publique de l’Estrie. L’UdeS se réajustera en fonction de cet avis. 

Malgré les embûches et les difficultés liées à la pandémie, il semble que la santé mentale des jeunes Estriens ne se soit pas dégradée entre septembre et novembre, même s’ils connaissent des symptômes d’anxiété ou de dépression probable. La donne estrienne est différente des autres régions, selon les données obtenues par la Dre Mélissa Généreux, aussi chercheuse et professeure à l’Université de Sherbrooke.

« On a travaillé avec la DSP de l’Estrie au retour des Fêtes pour voir si on pouvait réfléchir à la possibilité de maintenir un minimum de présences pour les cours théoriques. On a une recommandation très formelle à l’effet qu’on est autorisé. La DSP nous recommande même de maintenir un seuil minimal de présentiel pour tous les étudiants, compte tenu de la rigueur avec laquelle on a appliqué les mesures sanitaires, du fait que le campus est sécuritaire et compte tenu qu’il y a des enjeux de santé psychologique », commente la directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger. 

Mme Bélanger note que le taux de 25 % constitue également un seuil maximum pour éviter les achalandages. 

« Ça prendra toutes sortes de formes. Ça peut vouloir dire par exemple que pour un cours de trois heures par semaine, sur les six heures sur deux semaines, on veut qu’il y ait présence pour l’équivalent d’une heure et demie. Il y aura différentes modalités selon les professeurs. » 

Les élèves du primaire retournaient en classe lundi, mais les cégépiens commenceront la session d’hiver le 18 janvier. La rentrée hivernale débutait lundi à l’UdeS.

Les élèves du secondaire retourneront quant à eux physiquement en classe la semaine prochaine, un jour sur deux. 

«Plus tôt que tard»

« Cette caution-là qui nous vient d’experts, ça nous conforte dans notre perception… D’avoir une autorité comme la santé publique qui nous recommande de s’assurer que tous nos étudiants aient des activités en présentiel, c’est déjà ce qu’on voulait faire, c’est certain qu’on va le faire plus tôt que tard », commente le Dr Pierre Cossette, recteur de l’UdeS. 

« La session dure quand même 15-16 semaines, on n’est pas obligé de tout faire dans la première semaine. Cet avis-là va nous aider à planifier la suite de la session. » 

Les sites extérieurs qui avaient été déployés, où les activités qui s’y tiennent ont été suspendues pour quelques semaines, vont reprendre vie. « Il faut éviter les grandes concentrations de personnes au même moment et au même endroit. C’est compliqué, mais ça se gère «, indique M. Cossette. 

Au lendemain du point de presse du gouvernement, la semaine dernière, qui resserrait plusieurs mesures, l’UdeS indiquait qu’elle offrirait moins de présentiel qu’espéré en janvier. Des activités pédagogiques essentielles ont été ciblées pour justifier une présence nécessaire, comme les laboratoires et les simulations cliniques. L’avis survient alors qu’avant les Fêtes, des voix s’élevaient au sujet du présentiel mis de l’avant le plus possible, suscitant du même coup des inquiétudes.  

Le ministère de l’Enseignement supérieur permet à l’institution de prendre une telle décision, note Marie-France Bélanger, en fonction de la situation locale et régionale.

« Notre souhait de garder un minimum de cours en présence pour les cours théoriques, c’est pour éviter que des programmes où il n’y a pas de cours pratiques, comme sciences humaines, arts et lettres, le tremplin-DEC, puissent se retrouver complètement à distance. On veut éviter ça », note Mme Bélanger. 

« Pour nous, la question de la santé psychologique est un enjeu extrêmement important. On a appelé les étudiants au printemps un à un, on a refait l’exercice cet automne. Ce qu’ils nous ont dit, on en a tenu compte. » 

« Ça ne veut pas dire que les étudiants n’ont pas été touchés. Ils ont été touchés de façon importante. Mais selon l’étude, il n’y aurait pas eu de détérioration importante entre septembre et novembre. Je ne suis pas en train de dire que ça a été facile pour les étudiants, loin de là », précise Mme Bélanger au sujet des statistiques.