Jonathan Bouchard et Simon Boudreault, étudiants à l'UdeS, sont tous les deux récipiendaires de la prestigieuse bourse Vanier.

Un scanner sept fois plus précis et une bourse Vanier

Deux étudiants de l'Université de Sherbrooke ont reçu la prestigieuse bourse Vanier, une distinction décernée tant pour l'excellence universitaire, le potentiel de recherche et le leadership. Les récipiendaires reçoivent 150 000 $ sur trois ans pour mener leurs études. Jonathan Bouchard travaille à développer un scanner qui permettrait de détecter des lésions sept fois plus petites au cerveau. Simon Boudreault s'intéresse à l'effet des virus sur les cellules et au développement de certains cancers. La Tribune les a rencontrés.
« C'est un scanner d'imagerie pour le cerveau humain. Ce qu'on est habitué de faire, ce sont les appareils pour les petits animaux. (...) Voir une tumeur dans une souris, c'est beaucoup plus petit que pour les humains. On a développé cette technologie au cours des dernières années. Ce sont des scanners de très haute précision (...) On veut prendre cette technologie-là et l'apporter vers le cerveau humain », explique Jonathan Bouchard. L'étudiant à la maitrise en génie électrique commencera son doctorat dans trois semaines.
L'appareil permettrait de voir des lésions sept fois plus petites, notamment pour les cas de cancer ou d'Alzheimer. Ce niveau de détail inégalé permettra d'obtenir des diagnostics plus précis. L'un des objectifs de l'équipe qui planche sur ce projet est de mieux comprendre le cerveau humain, qui demeure encore un grand mystère, souligne l'étudiant.
Une de ses tâches sera de gérer le projet, autour duquel gravitent entre autres des physiciens et des ingénieurs.
« Ma part, c'est le design électronique, la conception de circuits imprimés, et l'assemblage, l'intégration de tout ça ensemble. »
Jonathan Bouchard travaillera sous la direction du professeur Réjean Fontaine, du Groupe de recherche en appareillage médical de Sherbrooke (GRAMS), et du professeur Roger Lecomte, du Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke (CIMS). Plusieurs aspects entrent en ligne dans ce projet, dont le logiciel. « C'est très gros, très complexe. Il y a beaucoup de pièces, on parle de 150 000 détecteurs. »
Jonathan Bouchard mènera une partie de sa formation doctorale au Massachusetts General Hospital (MGH), affilié au Harvard Medical School, avec qui l'UdeS collabore.
Comment un virus ouvre-t-il la porte au cancer?
Certains virus se cachent derrière l'apparition de cancers. C'est le cas avec les virus du papillome humain (VPH), montrés du doigt entre autres dans les cas de cancer du col de l'utérus. Comment les virus modifient-ils les cellules? Pourquoi des gens infectés par le VPH développent un cancer et d'autres non? Récipiendaire de la Bourse Vanier, Simon Boudreault s'intéressera à ce genre de questions dans le cadre de ses études doctorales.
Plus spécifiquement, le doctorant étudie l'interaction entre les virus et leur cellule-hôte en utilisant des technologies de séquençage de nouvelle génération. Dans le cadre de ses recherches doctorales, il veut s'intéresser davantage aux virus qui causent le cancer.
C'est le cas avec le VPH, qui regroupe plusieurs types de virus. Selon la Société canadienne du cancer (SCC), « environ 75 % des hommes et des femmes sexuellement actifs souffriront d'une infection par le VPH à un moment ou un autre de leur vie ». Le risque de développer un cancer varie selon le type de VPH.
Simon Boudreault se penchera notamment sur les deux protéines qui causent le cancer. « On veut voir quelle est la dynamique... Pourquoi des gens infectés ne développeront-ils pas de cancer et d'autres vont développer des cancers? Ça va peut-être nous aider à mieux comprendre », explique-t-il.
Quels pourraient être les débouchés possibles? « Ça pourrait être un traitement préventif pour les gens qui sont infectés. Si on sait que la personne est positive au VPH et qu'on retrouve dans sa gorge, on pourrait donner une molécule pour éviter que ça pousse vers un cancer. C'est à très long terme, mais il faut garder en tête ces idées-là quand on fait nos recherches pour ne rater aucune occasion. »
Étudiant au doctorat en biochimie depuis janvier, il travaille sous la direction du professeur Martin Bisaillon du département de biochimie de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS).
L'étudiant s'intéresse aussi au virus d'Epstein-Barr (VEB), qui cause la mononucléose et qui est impliqué dans différentes sortes de cancers. « J'étudie une protéine que l'on retrouve dans presque tous les cancers; c'est la seule qui est vraiment tout le temps là... Ce virus est un peu compliqué. Il entre en phase de latence. »
La bourse permettra aux deux étudiants d'avoir une meilleure conciliation travail-étude. Ils s'entendent pour dire que ni l'un ni l'autre ne pensait décrocher la plus prestigieuse des bourses doctorales.