Geneviève Danault

Un salon pour encourager l'achat local

SHERBROOKE - Des poupées thérapeutiques très réalistes jusqu'aux tableaux créés à partir de verre poli par la mer, en passant par de nombreux bijoux et jouets de bois faits à la main, la variété était grande, samedi, au Salon des artisans présenté dans le hall d'entrée du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.

La propriétaire de Passion Poupons, Geneviève Danault, se spécialise dans la confection des poupées reborn . « Ce sont des poupées qui imitent un vrai bébé. J'ai découvert que ça pouvait aider les personnes atteintes d'anxiété et les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer. Il arrive tout blanc et je mets 50 heures de travail par bébé. C'est peint à la main et c'est cuit au four. Après, il faut le rembourrer avec des billes de verre. Les cheveux sont installés un par un à l'aiguille », explique-t-elle, ajoutant que ses bébés sont vendus entre 300 $ et 500 $, mais que des produits américains semblables se vendent plusieurs milliers de dollars.

Mme Danault a une large clientèle. « J'en ai vendu pour les garderies. Les enfants apprennent la douceur. Des personnes âgées seules en achètent aussi. Les dames infertiles, ceux qui ont vécu un deuil, les trisomiques et les autistes les adorent », dit la propriétaire du commerce situé à Victoriaville et qui livre ses produits un peu partout au Canada, aux États-Unis et en France. Certains clients lui envoient même une photo pour qu'elle recrée le bébé.

De l'art... zéro déchet

France Lessard, elle, crée des œuvres avec du verre qu'elle trouve sur le bord de la mer. « J'ai découvert le verre de mer il y a environ un an et demi, lorsque j'ai perdu mon emploi. Je suis allé marcher dans le Maine et j'ai ramassé du sea glass tout l'été durant. Je n'ai pas d'âme artistique, mais il faut croire que j'ai un petit talent caché quelque part », signifie-t-elle.

Comment trouve-t-elle son verre? « Des gens vont jeter des bouteilles à la mer ou des bateaux vont larguer des déchets. Tout ce qui est fait de verre va se casser et se laver sur les roches avec les marées. Le sel et le sable vont polir les morceaux », mentionne celle qui bonifie ces tableaux avec d'autres articles trouvés sur la plage, comme des petites roches ou des branches.

De plus, Mme Lessard fait sa part pour l'environnement. « Je remplis mes poches de morceaux de verres précieux, mais je remplis mon sac à dos de déchets que je trouve sur la plage », assure-t-elle.

De nombreux exposants

Mme Danault et Mme Lessard font partie des 56 exposants présents à l'Université de Sherbrooke. L'organisatrice de l'événement, Cassy Noël, juge important de mettre sur pied des salons comme celui-ci pour encourager le marché local. « Les produits qu'on achète à l'extérieur sont souvent moins dispendieux, mais ici, on encourage des artisans qui font vivre leur famille avec leur entreprise. Je suis moi-même créatrice et maman », ajoute celle qui a passé environ trois mois à travailler sur cette troisième édition de l'événement.

tbrochu@latribune.qc.ca