Le professeur Mark Vellend désire créer un inventaire d’espèces végétales repérables par images aériennes.

Un regard net sur la biodiversité

Un groupe de chercheurs vient d’obtenir un financement de 4 M$ afin de s’attaquer à l’appauvrissement de la biodiversité. Avec l’étude de la combinaison unique des ondes lumineuses réfléchies par les feuilles d’une plante, ils désirent créer un inventaire d’images aériennes capables de reconnaitre chaque espèce végétale, tout droit du ciel.

« Si on est capables d’identifier une espèce végétale à partir d’une image, on devrait pouvoir faire des inventaires à une grande échelle et à une fréquence plus élevée pour suivre l’évolution de notre biodiversité », explique Mark Vellend, professeur au département de biologie à l’Université de Sherbrooke et l’un des cinq chercheurs porteurs du projet.

Faire des inventaires de végétaux sur le terrain, à même le sol, demande beaucoup de temps, explique-t-il. Repérer de nouvelles espèces à l’intérieur d’une étendue de végétaux peut-être un long processus. Cette nouvelle espèce peut se propager sur un grand territoire et ainsi éliminer d’autres espèces sur son passage, ce qui appauvrit la biodiversité de manière importante. 

Plusieurs chercheurs se sont donc penchés sur les pistes de solutions et ont fondé l’Observatoire aérien canadien de la biodiversité (CABO). Formé de chercheurs des universités de Sherbrooke, Montréal, McGill et de la Colombie-Britannique, le CABO développe la technologie spectranomique pour créer des images plus précises afin d’en faire un outil puissant pour la recherche. Avec les images aériennes, ils pourront détecter de nouvelles espèces rapidement et assurer une conservation de la diversité.

« Si tu prends une image de Google Maps, tu es capable de voir la couronne des arbres, par exemple. Dans une photo normale, avec trois longueurs d’onde on peut détecter les couleurs visibles. Avec les spectres électromagnétiques, on améliore beaucoup la qualité des photos. On parle de 200 à 300 longueurs d’onde », explique celui qui travaille au département de biologie de l’Université de Sherbrooke depuis 2011.

Approuvé et financé par le ministre des Sciences et des Sports du Gouvernement du Canada Kirsty Duncan, le projet devrait durer quatre à cinq ans.

Le Canada : chef de file mondial

« On est en avant de beaucoup de monde. On n’est pas les premiers au monde à utiliser la technologie, mais dans les premiers à l’appliquer à la végétation canadienne », note M. Vellend.

Cette banque de végétaux canadiens pourra être utilisée par les futurs chercheurs en environnement qui surveilleront les effets de l’activité humaine sur les écosystèmes du Canada et du monde. Le professeur souhaite aussi impliquer quelques-uns de ses étudiants dans le projet, ce qui représente une formation et une opportunité uniques.