La Ville de Sherbrooke lancera un projet-pilote auprès des petits ICI (industries, commerces, et institutions) pour la collecte du compost.

Un projet-pilote auprès des ICI pour la collecte du compost

La Ville de Sherbrooke lancera un projet-pilote auprès des petits ICI (industries, commerces, et institutions) pour la collecte du compost.

« On va chercher ce qu’on appelle la portion domestique, ce qui ressemble à ce qu’une maison peut générer. On pense entre autres à de petites boutiques, où il y aurait un peu de matière organique », explique Denis Gélinas, directeur de la valorisation des matières résiduelles à la Ville de Sherbrooke.

« Le problème avec les commerces, c’est que souvent ce sont des locataires. La gestion des déchets et des autres matières se fait par les propriétaires. Il faut vraiment discuter avec le propriétaire, car c’est lui qui paie la taxe. Éventuellement, quand on va formaliser, si ça s’avère, il faut s’assurer que le propriétaire soit coopératif, qu’il va s’assurer de répondre aux besoins de son locataire et adapter son bail de location en conséquence des coûts qu’il aura à assumer. Il y a une difficulté à la mise en œuvre. On y va de façon parcimonieuse pour bien établir les paramètres, pour voir quelles sont les difficultés et les contraintes, et établir une tarification conséquente au type de clients qui sont différents d’une clientèle domestique. » La Ville veut notamment en savoir plus sur les coûts possibles et les fréquences de ramassage.

Comme les petits commerces sont souvent rattachés à un bâtiment dont ils ne sont pas propriétaires, ils ont rarement plus qu’un gros contenant de déchets. « C’est là qu’on peut extraire le compost », note M. Gélinas. Quant aux bacs de recyclage, M. Gélinas note que la Ville les offre déjà aux petits ICI.

Un des objectifs est d’établir des paramètres pour établir les coûts (taxes) et les fréquences.

M. Gélinas ne pouvait chiffrer le nombre de petits ICI qui pourraient participer. « Quand on fait un projet-pilote, on essaie d’avoir les commerces les plus représentatifs. »

Denis Gélinas estime qu’en ce moment, les grandes entreprises, de leur côté, « sont déjà organisées pour amasser les matières compostables ».

La Ville planche actuellement sur le scénario de ce qu’elle voudrait comme entreprise-type. Le processus devrait se développer au cours du printemps et de l’été.

Il existe déjà certains commerces ou institutions qui gèrent eux-mêmes leur compost, note Alexandre Demers, adjoint à la transition énergétique et aux matières résiduelles au Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), en citant notamment le Café créatif au croquis, le volet restauration du Centre 24-Juin ou encore le café Aragon. « Certaines municipalités s’occupent aussi de la gestion de leur compost : sur le territoire estrien, c’est le cas de Coaticook. C’est une approche intégrée où la municipalité joue son plein rôle; la municipalité a compétence en matière de gestion des matières résiduelles (...) Ça ne veut pas dire que ce modèle est applicable partout, mais dans leur milieu, c’est intéressant. »

Selon le CREE, les restants de table produisent plus de gaz à effet de serre que le plastique lorsqu’ils sont enfouis. Enfouis, ils produisent du méthane, qui a un pouvoir réchauffant plus important que le gaz carbonique, explique Alexandre Demers.