Joseph Dogbe, sa femme Gloria Sobo et leurs trois enfants vivent à Sherbrooke depuis l’été 2019. Originaire du Togo, M. Dogbe avait toujours carressé le rêve de poursuivre sa carrière d’infirmier au Québec. Une fois le processus d’intégration complété, celui-ci pourra enfin prêter main-forte aux services de santé.
Joseph Dogbe, sa femme Gloria Sobo et leurs trois enfants vivent à Sherbrooke depuis l’été 2019. Originaire du Togo, M. Dogbe avait toujours carressé le rêve de poursuivre sa carrière d’infirmier au Québec. Une fois le processus d’intégration complété, celui-ci pourra enfin prêter main-forte aux services de santé.

Un premier Noël en nouvelle terre

Les défis ont été multiples pour les plus de 950 nouveaux arrivants qui ont déposé leurs valises à Sherbrooke cette année, tout comme les rencontres. Fidèle à son habitude, le Service d’aide aux Néo-Canadiens (SANC) a voulu clore cette année chargée en émotions pour ces nouveaux Canadiens avec une fête de Noël qui fait fit des frontières.

Des nouveaux arrivants venus d’une cinquantaine de pays, dont l’Afghanistan, le Burundi, la Côte d’Ivoire, la Colombie, l’Irak, le Congo et le Liberia ont ainsi vécu ensemble leur première fête de Noël « typiquement » québécoise, samedi, à l’école secondaire du Phare.

« Certains sont loin de leur famille, rappelle la directrice générale du SANC, Mercedes Orellana, entre le spectacle de danse folklorique de la troupe Cadence et la visite du père Noël. Certains ne fêtent pas Noël de la même façon ni au même moment de l’année. C’est une découverte, c’est le fait de pouvoir comprendre ce qu’est Noël et ce que ça représente dans la société. Ils le reçoivent avec beaucoup d’amour. »

L’événement a notamment pu compter sur une trentaine de bénévoles et sur une vingtaine d’étudiants du Séminaire de Sherbrooke.

« Bouffée d’oxygène »

Pour le Camourenais Brice Obianga, qui a récemment fêté ses 28 ans, il s’agit enfin d’un « premier Noël à tête reposé ». M. Obianga est arrivé le 17 septembre dernier, lui qui a vécu une partie de sa vie au Maroc après avoir dû fuir seul son pays lorsqu’il était encore mineur.

« Je viens d’une communauté minoritaire qui vivait dans les forêts du sud du Cameroun. On a subi des persécutions liées à notre ethnicité, puisqu’on était considérés comme des athées, presque comme des sorciers. Un jour, on nous a soudainement demandé de libérer la région, parce que nos cultures étaient considérées comme indigènes. J’ai perdu ma mère ce soir-là, et j’ai été obligé de faire le chemin tout seul. »

Le photographe et caricaturiste confie n’avoir pas non plus été à l’abri de violences au Maroc, ce qui l’a poussé à vouloir s’installer ailleurs une fois adulte.

Sa candidature a finalement atterri entre les mains du gouvernement canadien. « J’avais besoin de cette bouffée d’oxygène que le Canada m’a donné, et qui me permet de rêver davantage. L’hospitalité que j’ai reçue ici me donne envie de donner encore plus », partage celui qui était impatient de « voir si la liberté d’expression dont on parle ici est vraie ».

Désirant entreprendre des projets sociaux et artistiques d’envergure, M. Obianga a déjà commencé à s’affilier à certains organismes communautaires. « J’aimerais travailler avec les réfugiés. Je sais que l’intégration dans un pays est assez complexe pour eux », explique celui qui a eu un regain de générosité depuis la toute récente acquisition de sa résidence permanente.

Pour l’amour des soins de santé

Joseph Dogbe, originaire du Togo, caressait depuis longtemps le rêve d’emménager au Québec avec sa famille. « J’ai une amie québécoise qui, depuis 12 ans, me fait voir les bonnes facettes de la province. Je me suis dit “ pourquoi pas ne pas essayer une partie du monde où il fait mieux vivre ? ” » explique l’infirmier de profession, qui s’emballait également depuis longtemps devant « les avancées spectaculaires en matière de sciences infirmières » de l’Amérique du Nord.

Sa femme Gloria Sobo et lui ainsi que leurs trois enfants ont donc fait le saut en mai dernier. Après quelques mois à Gatineau, il a trouvé du travail chez Café Vittoria à Sherbrooke, alors que Mme Sobo travaille comme encarteuse à La Tribune. L’ambition de M. Dogbe de regagner son domaine n’est toutefois pas bien loin. Celui-ci doit simplement compléter toutes les étapes de son intégration.

« Je suis vraiment passionné, j’aime aider les gens », partage-t-il.