Isabelle Charest

Un pôle régional pour chapeauter les passerelles DEC-BAC

SHERBROOKE — Un nouveau pôle régional en enseignement supérieur voit le jour en Estrie. L’initiative regroupant les cégeps et les universités de Sherbrooke permettra notamment d’élaborer de nouveaux programmes de formation collégiale et universitaire (des passerelles DEC-BAC) et d’offrir un accompagnement personnalisé aux étudiants immigrants non francophones.

Le pôle, qui bénéficie d’une aide de 500 000 $, regroupe l’Université de Sherbrooke, le Cégep de Sherbrooke, l’Université Bishop’s, le Collège régional Champlain (campus Lennoxville) et l’ordre collégial du Séminaire de Sherbrooke. Il est chapeauté par un bureau de coordination régional.  Sophie Vincent est la coordonnatrice de ce nouveau Pôle régional en enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE).

L’annonce a été faite en présence d’Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation, également députée caquiste de Brome-Missisquoi.

Il existe déjà plusieurs DEC-BAC entre les différentes institutions, mais ce nouveau pôle permettra d’accroître les collaborations, souligne le principal et vice-chancelier de l’Université Bishop’s, Michael Goldbloom. Les institutions souhaitent favoriser l’attraction des étudiants en sol estrien, mais aussi les inciter à demeurer ici une fois les études terminées. « Une forte proportion de nos étudiants viennent de l’extérieur. En conjuguant nos efforts, nous espérons les convaincre de rester ici », a souligné M. Goldbloom, dont l’institution a eu 175 ans dimanche.

Se doter d’une telle structure permettra d’aller plus loin dans les différentes collaborations, estime le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette.

« On va avoir des ressources qui vont nous aider à nous structurer et à avancer », souligne-t-il. Les nouveaux programmes de formation collégiale universitaire touchent les domaines de l’environnement et de la santé.

Le pôle veut aussi tenter d’intéresser davantage les hommes aux professions en éducation. « Un autre projet qui va arriver et qu’on va annoncer, c’est la boutique des sciences. C’est de dire : vous avez une idée, venez à notre boutique et on va regarder avec le pôle comment on peut répondre à votre question (...) On veut réussir à mieux répondre aux besoins de la population qui veut développer des idées et des projets. »

Quant aux personnes immigrantes, la nouvelle structure permettrait de mieux les accompagner lorsqu’elles ont besoin d’une mise à niveau, par exemple avant de faire leur entrée à l’université.

Parmi les projets déjà existants, on retrouve par exemple la passerelle DEC-BAC en soins infirmiers, qui s’adresse aux personnes intéressées par la profession infirmière. La passerelle, offerte en collaboration entre l’UdeS, le Cégep de Sherbrooke et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, permet de réduire d’une année complète la durée des études universitaires en reconnaissant plusieurs des cours réussis pendant les études collégiales. Les étudiants qui maintiennent une cote R suffisante peuvent être admis automatiquement à l’UdeS au baccalauréat en sciences infirmières.

En outre, un emploi leur est garanti au CIUSSS de l’Estrie-CHUS dès la fin de la première année d’études collégiales, « tout comme à l’obtention de leur diplôme d’études collégiales », selon le Cégep de Sherbrooke.

Selon la directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, plusieurs passerelles sont déjà en place, notamment en techniques d’analyses biomédicales.

Un pôle universitaire qui comprenait plusieurs institutions d’enseignement avait été lancé il y a plusieurs années. Interrogé sur cette structure, le recteur de l’UdeS précise que cette « coquille » était inactive depuis plusieurs années. « Il n’y avait pas de moyen dedans. On va collaborer avec les établissements de santé et de la Ville au besoin, mais on avait besoin de mettre les trois collèges et les deux universités ensemble pour travailler à l’enseignement supérieur... C’est sûr que le budget et les ressources vont faire toute la différence », indique Pierre Cossette.