Un peu d’humanité à l’heure des mauvaises nouvelles

Les mauvaises nouvelles se multiplient à vitesse grand V, mais à travers cette secousse sismique, des initiatives lancées ici et là redonnent foi en l’humanité et mettent un peu de baume sur les cœurs. En ces temps difficiles, l’équipe de La Tribune veut aussi partager ces gestes d’entraide et ces bons coups pour contrer l’isolement.

Du bonheur à la fenêtre

C’est une invitation qui s’est propagée sur les réseaux sociaux telle une traînée de poudre, prouvant que de bonnes idées peuvent aussi être virales. Histoire d’occuper les enfants un moment, puis de partager un message d’espoir aux passants de leur quartier, les citoyens de la région embellissent leurs fenêtres avec des arcs-en-ciel.

On ne sait pas qui est derrière ce mouvement qui est désormais d’ampleur provinciale. Mais signe que l’idée a séduit, de nombreux citoyens ont emboîté le pas. Des arcs-en-ciel de toutes les tailles et de toutes les couleurs se sont mis à apparaître dans les fenêtres des chaumières, mais certains ont été dessinés à la craie sur les pavés. Souvent, avec la mention « ça va bien aller », signe qu’on demeure optimiste à travers la tourmente. 

De la lecture de groupe... à distance

Un club de lecture virtuel, pourquoi pas? À défaut de se réunir comme ils le font tous les mois, les membres du club de lecture de Véronique Grenier peuvent maintenant partager leurs citations préférées. Ce mois-ci : La peste, d’Albert Camus. 

« Une des raisons d’être de ce club, c’est le fait que j’étais tannée de lire seule (...) je me suis dit que ça pouvait être une belle occasion de se rassembler autour d’un objet commun. Lire « en tas », je me disais, pouvait nous faire du bien, créer de ‘‘l’être ensemble’’. Et de ‘‘l’être ensemble’’, c’est une chose dont on a besoin, par temps de crise et par temps de confinement. Briser la solitude, partager, parler. Et pas seulement de ce qui fait peur, de ce qui irrite. Je me suis donc dit qu’une forme virtuelle du club pouvait se faire et que commencer par La peste, de Camus, était de « circonstance », comme on dit », raconte la professeure au Cégep de Sherbrooke et autrice.

Tous les jours, sur la page Facebook du club de lecture, elle crée une publication sous laquelle on partage ses citations préférées de la section du jour. La grande lectrice a découpé le livre en 15 sections de plus ou moins 22 pages. 

« On peut commenter les citations, les apprécier. Ça nous permet un échange autour de phrases qui nous émeuvent, nous parlent. Hannah Arendt, une philosophe contemporaine, a dit : ‘‘Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action’’. Je transgresse un peu l’esprit de son propos en ajoutant que ces mots que nous lisons, soulignons et partageons sont peut-être justement une forme d’action dans un contexte qui nous en prive. Et ça fait du bien. »

Véronique Grenier

Du courrier pour contrer l’isolement

Dans la famille de Christelle Lison, une nouvelle activité est née ces derniers jours : toute la famille confectionne des cartes pour des personnes âgées qui se retrouvent seules, confinées et sans visite. Cette professeure de l’Université de Sherbrooke a lancé l’idée sur les médias sociaux, à l’initiative de #love2seniors. Le premier envoi devait être mis à la poste vendredi pour 

une résidence de personnes âgées près de chez elle. Une collègue dans le secteur de Longueuil avait l’intention de lui emboîter le pas. Avec Marie-Eve Martel, La Voix de l’Est