Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Catherine Laurier est psychologue et professeure adjointe au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke, spécialiste des adolescents.
Catherine Laurier est psychologue et professeure adjointe au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke, spécialiste des adolescents.

Un petit sacrifice pour les adultes de demain

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Catherine Laurier accueille avec un réel soulagement la réouverture des écoles primaires lundi et des écoles secondaires le 18 janvier. Plus encore la psychologue et professeure adjointe au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke salue le fait que le gouvernement Legault ait compris toute l’importance de maintenir ces milieux de vie pour le développement et la santé mentale des enfants et des adolescents.

« C’est les adultes de demain auxquels on fait attention en ce moment », commente-t-elle. 

Avec sa collègue Katherine Pascuzzo, elles ont questionné les 17 ans et moins et leurs parents depuis le printemps pour documenter leur adaptation à la COVID-19.

« Préserver le milieu scolaire où des jeunes se développent, c’est super important. Nos premières analyses démontrent que préserver la continuité semble être une clé de résilience chez les adolescents. Essayer de faire en sorte que ce qui peut être maintenu le soit, c’est essentiel pour assurer leur santé mentale », dit-elle.

L’autre piste pour aller mieux, souligne-t-elle, c’est de bouger, de faire du sport, d’aller jouer dehors. Et ça le gouvernement Legault l’autorise encore, même si c’est avant 20 h le soir et à l’intérieur de sa bulle familiale.  

« Il ne faudrait pas que ce soit perdu dans les réactions de tout le monde que c’est important de bouger, d’évacuer un peu ce trop-plein de confinement, souligne Catherine Laurier. Il faut préserver la continuité dans ce qui est permis et sécuritaire. Et les parents peuvent donner l’exemple. » 

La professeure Laurier estime d’ailleurs que l’imposition du couvre-feu devrait devenir une occasion pour les parents de montrer à leurs jeunes qu’eux aussi font des efforts concrets.

« Ce ne sera pas facile probablement de respecter le couvre-feu, dit-elle, ou plutôt le fait de se faire dire qu’ils n’ont plus le droit d’aller dehors [après 20 h]. Plusieurs adultes vont ruer dans les brancards, parce que c’est une privation de la liberté. En même temps je pense que c’est une occasion de montrer à leurs enfants qu’ils suivent les règles, qu’ils font un effort, parce que les enfants et les adolescents ont fait énormément de concessions, eux, depuis le mois de mars dernier. C’est une occasion pour nous les adultes de montrer qu’on respecte ces consignes là même si c’est super contraignant et que c’est désagréable. »

En somme Catherine Laurier estime que le gouvernement a entendu les inquiétudes et que les mesures plus strictes qui entreront en vigueur samedi sont cohérentes avec sa préoccupation de protéger à la fois les enfants, la santé mentale et les populations plus vulnérables.

« Il y a une énorme fatigue dans la population. On n’est plus dans le ‘‘ça va bien aller’’, on essaie de survivre. Il y a un gros effort de communication publique à faire, mais je souhaite que tous les parents qui ont à cœur le développement de leurs enfants soient prêts à faire ce sacrifice pour eux, parce que quand les enfants vont bien, les parents se sentent mieux et sont plus à même de jouer leur rôle de parents. »