La banque alimentaire du Centre d’action bénévole de Windsor et région récolte chaque jour les surplus invendus du marché d’alimentation Provigo de Windsor. Un partenariat gagnant-gagnant pour répondre à l’augmentation des demandes d’aide et réduire le gaspillage alimentaire.
La banque alimentaire du Centre d’action bénévole de Windsor et région récolte chaque jour les surplus invendus du marché d’alimentation Provigo de Windsor. Un partenariat gagnant-gagnant pour répondre à l’augmentation des demandes d’aide et réduire le gaspillage alimentaire.

Un partenariat qui tombe à point à Windsor

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Quand ils ont lancé leur partenariat pour réduire le gaspillage alimentaire, le 2 mars dernier, le Provigo François Gauthier et la banque alimentaire du Centre d’action bénévole de Windsor et région n’étaient pas encore en mode COVID-19.

Mais dans le contexte de la crise sanitaire, la récupération quotidienne de nourriture invendue au marché d’alimentation est vite devenue un maillon essentiel pour répondre à la hausse marquée des demandes d’aide alimentaire auprès de l’organisme.

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Pour le mois de mars seulement, le partenariat a permis de détourner du chemin des poubelles pas moins de 1872 kg de denrées variées, « qu’on n’est pas gênés d’offrir à nos familles », explique Nathalie Boisvert, directrice générale du CABW.

Depuis le début de la crise, les demandes de dépannages alimentaires sont en hausse de 35 % au CABW, dit-elle, en précisant qu’« une demande équivaut entre quatre et six ou sept personnes de plus à nourrir ».

La semaine dernière, ce sont 20 familles qui sont ainsi passées chercher un panier de nourriture, « alors il faut avoir les ressources pour les nourrir ».

Avec le nouveau partenariat, deux bénévoles du CABW se rendent chaque matin au Provigo pour cueillir les bacs de produits qui ont été remplis pour eux dans les différents départements de l’épicerie, qu’on parle de fruits et légumes, viande, boulangerie, produits laitiers et autres.

Dans les locaux de la rue Saint-Georges, les denrées sont gérées, congelées, mises sous vide au besoin jusqu’à la distribution du jeudi — sur rendez-vous — ou offertes à volonté aux familles inscrites à la banque alimentaire pour les produits les plus périssables comme les fruits et légumes et le pain.

« Si on n’arrive pas à distribuer tous les fruits et légumes, on en fait des smoothies. Il n’y a pas grand-chose qui se perd quand ça rentre ici », assure Mme Boisvert.

Avec ses propres surplus, le CABW participe aussi à garnir le garde-manger libre-service de la Maison de la famille ou le frigo communautaire de l’Office municipal d’habitation.

« Si les gens préfèrent aller là, c’est correct aussi. On essaie d’en faire profiter d’autres organismes communautaires. L’important, c’est que les gens dans le besoin aient accès à de la nourriture et de l’autre côté, que nous on arrive à réduire le gaspillage alimentaire. »

Pour combler la hausse des demandes, la banque alimentaire peut également compter sur une aide supplémentaire en provenance de Moisson Estrie ainsi que sur des dons ponctuels d’organismes et individus. Mardi elle a reçu par exemple un don de 500 $ de l’Association du lac Tomcod, vendredi dernier une aide de 1000 $ du député de Richmond André Bachand et la veille un don de légumes de la polyvalente Le Tournesol, peut-on voir sur la page Facebook de l’organisme.

« Si ça continue comme ça, on pourrait répondre aux besoins de familles supplémentaires, estime Mme Boisvert, qui pense que c’est ce qui va arriver avec la fermeture des entreprises qui a été prolongée jusqu’au 4 mai.

« Tous les jours on reçoit des appels. Quand tu n’es pas dans le besoin, tu n’es pas nécessairement au courant des ressources qui existent en alimentation, mais maintenant notre service est de plus en plus connu. »

La petite équipe du Centre d’action bénévole de Windsor et région met les bouchées doubles pour répondre aux demandes en hausse liées à la crise de la COVID-19. Il s’agit de Louise Tremblay, coordonnatrice aux bénévoles, Nathalie Boisvert, directrice générale, et Chantal Coutu, adjointe administrative.

Moins de bénévoles

Soulignons par ailleurs que pour limiter les risques de propagation du coronavirus, la petite équipe de trois employés du CABW met les bouchées doubles pour suffire à la tâche, uniquement soutenue par deux bénévoles, puisque la majorité de la force bénévole habituelle est âgée de plus de 70 ans et a donc été invitée à rester chez elle.

Son service de Popote roulante a par le fait même été allégé avec la distribution de repas congelés pour des périodes de deux semaines à la fois, en lieu et place de la distribution quotidienne de repas chauds à une cinquantaine d’aînés.

Toutes les autres activités du CABW sont quant à elle en pause et le centre communautaire qui l’abrite est lui-même est fermé à la population.

Pour garder un lien, les employés font régulièrement des appels téléphoniques aux bénéficiaires pour s’assurer que tout va bien et qu’il ne leur manque rien d’essentiel.

« On continue de prendre soin de nos aînés, témoigne Mme Boisvert. Il y en a plusieurs qui nous disent qu’ils ont hâte de revenir [chez nous], que ce soit pour la Vie active ou la Journée des petits bonheurs. Je ne sais pas s’ils vont revenir cette saison ou si ça va aller à la rentrée d’automne? On va suivre les recommandations de notre premier ministre. »

« On savait qu’on faisait la différence dans la vie de plusieurs, termine-t-elle, mais en situation de crise comme ça, on s’en rend encore plus compte. »