L'Université de Sherbrooke mène plusieurs recherches en lien avec l'énergie solaire. Ci-dessus, le concentrateur solaire du parc Innovation-ACELP.

Un parc solaire unique au Québec

Le parc Innovation-ACELP de l'Université de Sherbrooke s'animera, au cours des prochaines semaines, avec la mise en branle d'importants chantiers totalisant plusieurs millions de dollars. Les travaux doivent en effet débuter cet automne pour donner vie « au plus grand parc solaire d'énergie photovoltaïque » au Québec, comme l'a déjà présenté l'Université de Sherbrooke.
Le vice-recteur à la valorisation et aux partenariats de l'UdeS, Vincent Aimez.
Les surplus d'énergie générés seront redistribués à Hydro-Sherbrooke. Les pourparlers sont avancés, estime le vice-recteur à la valorisation et aux partenariats de l'UdeS, Vincent Aimez.
« Je pense que l'Estrie devrait pouvoir devenir la région au Québec pour l'énergie solaire; l'Estrie peut-être jusqu'à la Montérégie, comme il y a eu la Gaspésie avec le vent, pour plein de bonnes raisons », avance M. Aimez, en citant des discussions en cours.
Ce parc solaire comprendra différents types de technologies solaires; on retrouvera différents types de panneaux, dont certains qui seront sur des suiveurs solaires.
« Ce sont des technologies assez performantes. » Les travaux visant à installer certaines infrastructures devraient avoir lieu avant l'hiver. L'installation de panneaux devrait suivre. « Au printemps, il y aura la finalisation de l'installation des technologies. »
« On parle d'une puissance importante d'environ un mégawatt (MW) (NDLR : pour la partie photovoltaïque). Un mégawatt, par rapport à une consommation moyenne d'un foyer, c'est un millier de foyers. C'est quand même important. L'idée aussi c'est de se positionner de manière optimale par rapport au réseau électrique. L'un des premiers partenaires du projet c'est Hydro-Sherbrooke. L'intérêt de ce parc-là c'est d'injecter l'énergie dans le réseau de la ville. Même si l'Université peut très bien consommer cette énergie-là, vu la puissance et les historiques de consommation, il y a plusieurs moments dans l'année où le parc va produire plus que la consommation des bâtiments. »
La Ville de Sherbrooke n'a pas voulu donner plus de détails, faisant valoir que les élus devraient d'abord prendre connaissance de l'entente officielle à venir.
« Quand il y a du soleil et des pics de production, c'est un apport énergétique à l'intérieur du réseau d'Hydro-Sherbrooke qui permet de réduire sa consommation dans les pires périodes. L'autre élément, c'est un échange d'énergie entre l'UdeS et Hydro-Sherbrooke, sachant que l'Université consomme plus dans son ensemble que le parc. »
Scientifiquement, le parc de Sherbrooke permettra de récolter beaucoup de données tout en validant des technologies.
Le parc solaire contiendra deux parties : une partie photovoltaïque et l'autre sera du solaire thermique. Avec de la chaleur à haute température, dit Vincent Aimez à propos de ce second volet du parc, les possibilités sont grandes. Il cite la production d'électricité et ensuite le stockage. « Ça c'est ce qui nous intéresse beaucoup », dit-il au sujet du stockage, qu'il définit comme un enjeu mondial. « Si on gère le stockage, on améliore l'impact de l'énergie qui est créé. »
Les appels d'offres doivent être lancés d'ici environ deux semaines pour le parc solaire. « On a eu beaucoup d'intérêt. C'est clair qu'il y a un intérêt pour le solaire au Québec. Un des enjeux majeurs, les sources comme le solaire et l'éolien, ce sont des sources qui sont variables dans le temps. La problématique est au Québec, mais aussi partout dans le monde. C'est de voir comment on peut gérer l'instabilité. À la limite, si quelqu'un avait une solution qui marche parfaitement et pas trop cher pour gérer cette instabilité, ça aurait un impact planétaire. »
En raison des échéanciers prévus dans les programmes de subvention, les travaux doivent être terminés au printemps prochain, en 2018. « Ça va être très rapide », note M. Aimez.
L'emplacement exact au mètre près n'est pas encore défini. « Il faut que ce soit au sud, pour éviter d'avoir de l'ombre des autres bâtiments. »
Les médias ont révélé plus tôt cet été qu'Hydro-Québec voulait construire un parc solaire de 100 MW nécessitant des investissements de près de 200 M $. L'UdeS a entamé des discussions qui sont au stade préliminaire avec la société d'État.
Pour différents projets, dont le parc solaire et la création d'un complexe en hydrologie, hydraulique et environnement (voir autre texte), l'UdeS a reçu des subventions de plus de 9 M$ des gouvernements fédéral et provincial qui ont été annoncées cet hiver.
Une rivière artificielle sera aménagée au parc
Une sorte de rivière artificielle verra le jour au parc Innovation-ACELP, aux abords du chemin Sainte-Catherine. Les travaux du complexe de recherche en hydrologie, hydraulique et environnement de l'Université de Sherbrooke seront en effet lancés cet automne.
« C'est un bassin où ils vont simuler une rivière afin d'essayer de comprendre le cheminement de l'eau dans les bassins versants, d'analyser les écoulements de l'eau, le transport des contaminants et des sédiments », résume la vice-rectrice à l'administration et au développement durable de l'UdeS, Denyse Rémillard. La création du bassin permettra d'observer les différents aspects dans un environnement contrôlé. « Normalement, ça devrait être terminé au printemps. « Ce projet fait partie des initiatives qui ont bénéficié de subventions et dont les travaux doivent être terminés pour le printemps 2018.
L'exploitation du complexe sera assurée par une équipe d'une dizaine de professeurs et chercheurs, principalement de l'UdeS, mais aussi d'autres institutions. L'équipe possède notamment de l'expertise dans l'étude des processus des rivières et des bassins versants, le traitement des eaux usées et dans l'impact des contaminants sur les écosystèmes, ce qui permettra d'aborder des « problématiques environnementales variées et complexes ».
Le coût du complexe est évalué à quelque 2,2 M$.