François Gaudreau, professeur de physique et d’astrophysique au Cégep de Sherbrooke.

Un observatoire sur le toit du Cégep

Un observatoire astronomique pourrait voir le jour sur le toit du pavillon 2 du Cégep de Sherbrooke. C’est le projet caressé par des professeurs de physique et d’astrophysique, qui souhaitent ainsi développer des projets avec leurs étudiants.

L’institution pourrait acquérir un observatoire préfabriqué, qui abrite un télescope.

« Le dôme est motorisé parce que les objets que l’on veut observer au cours de la nuit vont se déplacer. On voit bien la Lune qui parcourt son chemin dans notre ciel nocturne. Il faut suivre ces objets-là; le télescope peut suivre, mais il faut aussi que le dôme et son ouverture suivent de manière simultanée. Tout ça devrait être motorisé et automatisé... » explique François Gaudreau, professeur en physique et en astrophysique. « Si on n’a pas l’observatoire, il faut désinstaller le télescope chaque fois. »

Une telle installation offrirait bon nombre de possibilités aux étudiants du Cégep de Sherbrooke, principalement à des fins d’enseignement.

Celui-ci servirait notamment au cours d’intégration en sciences pour le volet physique - c’est-à-dire le cours de fin de DEC pour les étudiants en sciences, de même qu’à des classes de cours complémentaires.

François Gaudreau croit qu’un tel projet pourrait influencer la motivation des étudiants.

« On peut étudier un amas d’étoiles et déterminer l’âge de cet amas d’étoiles, par la population des étoiles le composant. On peut observer Jupiter et ses lunes, illustre-t-il également. Le déplacement des lunes autour de Jupiter nous permet d’évaluer la masse de Jupiter. On peut étudier aussi la composition des gaz dans une nébuleuse et déterminer de quoi seront constituées les futures étoiles à naître dans cette nébuleuse-là... » Il y a cependant plusieurs étapes à franchir avant qu’une telle infrastructure puisse être installée. Un ingénieur en structure devra d’abord être embauché afin de voir s’il est possible de mettre une telle installation sur le septième étage du pavillon. Et il y a évidemment la question des coûts rattachés à une telle initiative.

L’achat de l’équipement pourrait représenter environ 30 000 $, et on peut penser à un investissement supplémentaire de quelques milliers de dollars pour mener le projet à terme.

Selon M. Gaudreau, l’observatoire convoité est de classe intermédiaire. L’Université Bishop’s possède déjà un observatoire astronomique, mais celui-ci est d’une plus grande puissance. L’institution collabore avec le Cégep de Sherbrooke, mais posséder son propre observatoire faciliterait les choses, note M. Gaudreau.

Les installations pourraient-elles servir à la population? « On est ouvert à la collaboration avec la communauté, comme le Club d’astronomie de Sherbrooke. On ne les a pas contactés vu l’avancement du projet, mais ce serait envisageable. »

Dans un second temps, probablement des phases subséquentes selon M. Gaudreau, les nouvelles installations pourraient aussi servir à la recherche. L’enseignant Martin Aubé, spécialiste de la pollution lumineuse, estime que l’équipement pourrait servir à des fins de recherche.

À ceux qui s’interrogent sur l’impact de la pollution lumineuse en milieu urbain, il note que pour l’observation de la Lune et des planètes, par exemple, il n’y aura pas d’incidence.

De telles installations demeurent rares dans les cégeps; environ quatre établissements collégiaux en auraient un, sur quelque 48, selon une estimation de M. Gaudreau. L’établissement a effectué une mise en réserve financière (autour de 30 000 $) pour ce projet pour l’année 2018-2019. Il est cependant trop tôt pour s’avancer sur un échéancier de réalisation.