Pour permettre la construction de ce nouveau pôle industriel et commercial d’une longueur d’environ un kilomètre, une entente sera nécessaire avec le ministère des Transports du Québec pour réaménager la sortie de l’autoroute, construire un carrefour giratoire, et permettre l’accès aux terrains adjacents au Pôle de quartier Saint-Élie, qui compte déjà huit locaux commerciaux.
Le terrain en question a une superficie de 27 hectares et permettrait de développer 68 841 m2 de bâtiments commerciaux. Le projet est en élaboration depuis une dizaine d’années avec un objectif de construction pour 2018 ou 2019. Si toutes les étapes suivent leur cours normalement, il n’est pas envisageable de commencer la construction avant la fin de 2021 ou le début de 2022. Une maquette déposée au conseil municipal présente l’ampleur du projet, mais l’implantation des bâtiments et leur architecture devront être approuvées dans des étapes subséquentes.
Le Groupe Laroche fait valoir que le bruit généré par l’autoroute est présent sur une distance de 280 mètres de chaque côté de la voie de circulation et que les usages résidentiels, institutionnels et récréatifs y sont interdits pour assurer la qualité de vie des résidents. Pour développer un projet résidentiel, un mur coupe-son évalué entre 3 et 5 M$ aurait été nécessaire, selon le promoteur.
« Il serait inapproprié et mal venu de développer autrement [qu’en parc d’affaires autoroutier] ces secteurs offrant le potentiel de grande valeur et ainsi perdre ces occasions de plus-value et d’exposition pour des entreprises et pour les villes », faisait valoir le promoteur dans une lettre acheminée à la Ville en 2018.
ll cite l’entreprise Carrier Harley Davidson-Performance NC, installée en juillet 2017 en bordure de l’autoroute 10, dans le secteur de Deauville, comme une entreprise qui avait signifié son intérêt pour le site de Saint-Élie.

Les documents municipaux rendus publics lundi indiquent donc qu’il est « logique » de permettre un développement industriel et commercial à cet endroit. Selon un avis de Commerce Sherbrooke, les changements apportés au zonage permettront de concentrer les usages commerciaux lourds en bordure de l’autoroute, ce qui est plus adapté à ces activités. Dans le même sens, l’organisation paramunicipale estime qu’on pourrait ainsi libérer des terrains du parc industriel qui sont moins adaptés aux usages commerciaux lourds.
L’avis de Commerce Sherbrooke stipule qu’il est souhaitable de limiter à moins de 5000 m2 les industries et commerces dans cette zone et de se limiter aux thématiques de véhicules automobiles et de plaisance, de véhicules lourds, récréatifs et machinerie agricole, de grossiste, entrepôts et centre de distribution avec vente et salle de montre, de même que d’industries légères avec vente au détail ou salle d’exposition.
Une séance d’information et une consultation
Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, rapporte qu’il reste plusieurs étapes à traverser pour arriver à la réalisation de ce projet. « La première étape est de mettre la balle en jeu pour voir s’il est possible de changer le schéma d’aménagement. Ensuite nous procéderons avec le zonage s’il y a lieu. Le promoteur organisera une séance d’information dans les prochaines semaines pour présenter son projet et pour voir comment il pourrait le bonifier. Ensuite, il y aura les consultations officielles de la Ville concernant le schéma d’aménagement. »
Selon lui, le processus gouvernemental prendra entre huit mois et un an. « Nous avons déjà une idée des problèmes qui pourraient être soulevés en consultation publique et nous travaillons avec le promoteur pour apporter des améliorations. »
On n’a pas trop de terrains industriels et la Ville se développe rapidement.
Julien Lachance, conseiller du district de Saint-Élie, exprime que les besoins pour des vitrines autoroutières sont réels non seulement pour le quartier, mais pour la ville dans son ensemble. « On n’a pas trop de terrains industriels et la Ville se développe rapidement. Pour les citoyens, ce qu’il est important de retenir, c’est qu’il n’y a pas de voie véhiculaire entre le projet et les rues résidentielles. Une zone tampon est prévue. »
Éric Laroche, vice-président du Groupe Laroche, espère tenir sa séance d’information au plus tard en janvier. « Nous pourrons rassurer les gens et leur présenter les mesures de mitigation qui sont prévues. Une fois que les premières étapes de consultation seront terminées et que nous aurons des assises solides, nous pourrons négocier des lettres d’intérêts avec des entreprises. »
Le type d’affection recherché par le Groupe Laroche est déjà présent à trois endroits sur le territoire de la Ville de Sherbrooke, soit le long de l’autoroute 55 dans le secteur de Brompton, le long du boulevard Bourque dans le secteur de Deauville et au nord-ouest du périmètre d’urbanisation de Brompton. Il reste quelques terrains le long du boulevard Bourque, mais leur attractivité est faible selon les documents de la Ville.
Le Groupe Laroche a embauché des biologistes pour évaluer la valeur écologique du terrain visé. « Nous avons trouvé des milieux humides qui sont majoritairement de faible valeur écologique. Un seul milieu a une forte valeur, soit le ruisseau Dorman. Il sera entièrement protégé. »
Notons par ailleurs que la mise aux normes de l’usine d’épuration de Saint-Élie, projetée pour 2021, sera nécessaire pour assurer la construction du projet.
Le promoteur évalue l’investissement privé projeté, incluant celui des partenaires, à environ 90 M$, en plus de permettre la création de 1000 emplois directs et indirects.




