À Val-du-Lac, la fête de Noël est plus qu’une banale fête. « C’est une occasion de créer des liens, d’avoir du plaisir ensemble, les éducs et les filles qui partagent leurs vies dans les différentes unités », soutient Karoline Custeau, éducatrice spécialisée au centre d’hébergement en réadaptation et en protection de la jeunesse de l’Estrie.

Un Noël pas comme les autres au centre jeunesse [VIDÉO]

La fête de Noël n’est pas une fête banale dans un centre jeunesse. Pour ces enfants momentanément ou pour toujours déracinés de leur famille, la période de Noël peut être un grand moment de tristesse, de nostalgie, de sentiment d’abandon. Mais à l’inverse, c’est aussi l’occasion de créer des bons souvenirs, des souvenirs qui viendront les égayer plus tard quand ils repenseront à leur enfance passée en centre jeunesse.

Mercredi soir, c’était la fête à Val-du-Lac. Des cocktails (sans alcool) ont été servis, ainsi que des bonbons, un repas traditionnel du temps des Fêtes, et que dire des activités cadeaux, karaoké, séance de photos… Cette année, les adolescentes auront la chance de développer davantage de cadeaux grâce à une activité de collecte organisée par la Fondation du Centre jeunesse et aussi grâce à la présence d’une ancienne résidente de Val-du-Lac (voir autre texte en page 3).

La fête est plus qu’une banale fête. « C’est une occasion de créer des liens, d’avoir du plaisir ensemble, les éducs et les filles qui partagent leurs vies dans les différentes unités », soutient Karoline Custeau, éduc ou plutôt éducatrice spécialisée à Val-du-Lac, le centre d’hébergement en réadaptation et en protection de la jeunesse de l’Estrie.

« Pendant cette soirée, on va prendre des photos des jeunes avec leurs éducateurs, des photos qu’on va imprimer et qu’on va remettre aux jeunes filles quand elles vont partir. Le but, c’est de créer des souvenirs et de renforcer le lien entre les éducateurs et les jeunes », indique Mme Custeau, qui travaille à l’Oasis, une unité d’hébergement pour les jeunes filles de 14 à 18 ans.

La période des Fêtes est difficile pour la plupart des jeunes hébergés en centre jeunesse, qu’ils y soient en mesures volontaires parce qu’ils souhaitent recevoir des services ou mesures légales de protection de l’enfance.

Durant cette période, on tente de tout mettre en place pour que les jeunes filles passent le plus de temps possible dans leur famille; certaines iront chez elles pendant deux semaines! Pour certaines, c’est de la magie. Pour d’autres, c’est tout le contraire. « Les sorties dans les familles, ça vient jouer dans les facteurs de vulnérabilité des jeunes c’est certain. Pour certaines, c’est plus difficile que d’être ici, dans leur routine », indique Mme Custeau.

Et il y a tous ces enfants pour qui les sorties dans les familles sont impossibles. À Val-du-Lac, un certain nombre de jeunes ne feront aucune sortie durant les vacances des Fêtes.

« Pendant cette période, on essaie d’organiser notre programmation pour qu’elle soit la plus normale possible, comme celle de tous les jeunes : on va faire des journées pyjamas, on va aller jouer dehors, écouter des films… » explique Mme Custeau.

Karoline Custeau est membre du comité des usagers du centre jeunesse. Les jeunes qui siègent sur comité font savoir qu’une des choses les plus importantes pour eux pendant leur séjour en centre jeunesse, c’est la relation qu’ils vont développer avec les éducateurs qui sont chargés de veilleur sur eux.

« Moi j’ai choisi d’être au travail les 24, 25 et 26 décembre parce que j’ai à cœur que les filles soient accompagnées d’au moins un visage significatif durant cette période difficile », indique-t-elle en soulignant que chaque année, à Noël et au jour de l’An, plusieurs de ses collègues font de même pour le bien de leurs jeunes.

Cette soirée de douceurs était attendue par les jeunes filles. « Ça fait sept mois que je suis ici. Quand on arrive, c’est une période mouvementée. Après, on s’y fait. On crée une chimie. Quand une fille ne va pas bien, on est là pour elle », explique Julie.

La fête était attendue, d’autant plus que Julie avait la chance de partir peu après pour aller passer deux semaines dans sa famille. Mais dans un centre jeunesse, c’est difficile que tout soit parfait... « On aurait dû être toutes là, mais il y a deux filles qui sont absentes. C’est plate. C’est triste. Mais quelque part, ça nous aide à forger notre caractère », indique-t-elle.