L’engouement pour les minimaisons gagne tout le Québec, si bien que le Mouvement québécois des minimaisons verra officiellement le jour à Sherbrooke le 27 janvier.

Un Mouvement québécois des minimaisons naîtra

L’engouement pour les minimaisons gagne tout le Québec, si bien que le Mouvement québécois des minimaisons verra officiellement le jour à Sherbrooke le 27 janvier. L’assemblée générale de fondation vise à créer un regroupement qui se chargera notamment de faire de la promotion et de la représentation auprès des différents paliers de gouvernement.

La création du mouvement repose pour le moment entre les mains de Martin Saindon, ex-maire de Dixville, et d’Ursule Thériault, ex-mairesse de L’Isle-Verte.

Si Sherbrooke comptera le premier quartier de minimaisons en milieu urbain au Québec, sous la forme d’une coopérative, Dixville travaille de son côté sur une règlementation qui permettra à des particuliers de construire leur propre maison. Un mouvement québécois permettra aux municipalités de partager de l’information, des réflexions, et de faire une pression commune pour modifier certaines lois ou certaines idées reçues.

« Notre but, c’est de faire avancer les choses. Souvent, les règles empêchent les citoyens ou les promoteurs de construire des minimaisons. Le mouvement devra compter sur des constructeurs, des promoteurs, des municipalités pour participer au débat. Il devra s’inscrire au registre des lobbyistes », explique Martin Saindon.

« Problème de zonage »

Concrètement, il s’agira de promouvoir et favoriser l’implantation des minimaisons au Québec. Il faudra d’abord s’entendre sur la définition de minimaison. « Certaines entreprises attirent les gens en galvaudant le nom et en prétendant faire des minimaisons. Pour le moment, nous nous basons sur ce qui se fait aux États-Unis. Nous parlons donc de maisons de 300 à 600 pieds carrés. En dessous de ça, on parle d’une micromaison. »

Les citoyens qui voudraient une résidence de cette taille se butent souvent à la règlementation municipale, qui fixe un seuil minimum pour la taille des constructions sur son territoire. « À Dixville, il y avait aussi un problème de zonage. Dans beaucoup de municipalités, il faut créer des îlots ou des secteurs particuliers pour recevoir les minimaisons. On ne peut pas les intercaler entre deux maisons traditionnelles, ce qui est logique », explique Martin Saindon.

Certaines municipalités refusent aussi les minimaisons sur roues. « Si on peut les déplacer, ça devient des roulottes. Chez nous, nous avons accepté le concept de pavillon jardin qui permet à des membres d’une même famille de vivre dans une annexe, sur le même terrain. Mais que devons-nous faire quand la famille déménage? Ça fait partie des réflexions. 

Sherbrooke a créé un précédent avec son projet. C’est un bon exemple, mais il y a beaucoup de projets en milieu rural. Il faut que les villages se réinventent. Pour chaque décision, nous avons dû faire des recherches parce que le concept était nouveau. Le mouvement nous permettra d’être bien documentés et d’informer les municipalités. »

Selon M. Saindon, des projets pourraient voir le jour en Gaspésie, en Abitibi et au Lac-Saint-Jean. Drummondville s’intéresserait aussi aux minimaisons.

« L’objectif n’est pas d’uniformiser la règlementation dans toutes les villes. Il faut faire ce qui convient à notre région, mais il faut assurer une permanence pour que l’information circule. »

L’assemblée de fondation se tiendra au Centre Julien-Ducharme de Sherbrooke, à 14 h le 27 janvier. Neuf postes seront en élection au conseil d’administration. La salle peut accueillir jusqu’à 200 personnes. M. Saindon espère en accueillir au moins 150.