Dix résidents atteints de la COVID-19 ont été transférés à Sherbrooke, mais 19 résidents demeurent présentement dans leur milieu de vie au CHSLD de Lambton.
Dix résidents atteints de la COVID-19 ont été transférés à Sherbrooke, mais 19 résidents demeurent présentement dans leur milieu de vie au CHSLD de Lambton.

Un milieu de vie complètement chamboulé au CHSLD de Lambton

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le CHSLD de Lambton est un petit milieu de vie : on y héberge 29 résidents. Alors quand dix résidents ont été testés positifs à la COVID-19 et que sept employés ont été retirés du travail après un diagnostic positif à la COVID-19, c’est tout un milieu de vie et de travail qui a été chamboulé.

« Je tiens à remercier nos équipes, parce que ç’a demandé beaucoup d’investissement personnel à nos travailleurs. Malgré tout ce qui s’est passé, notre personnel a répondu présent. Tout le monde a mis l’épaule à la roue, les gens sont au rendez-vous et ils ont à cœur le bien-être des résidents », soutient Sylvie Quenneville, directrice adjointe à la direction du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Jeudi, du personnel de la Santé publique a dû se rendre dans la région du Granit pour rencontrer des gens du milieu qui se posaient de nombreuses questions. Il faut dire que la confirmation de « moins de cinq cas positifs » a forcé l’école primaire des Sommets de Saint-Sébastien à fermer trois de ses classes. Les municipalités de Saint-Sébastien et de Lambton sont voisines.

« Ce sont des petits milieux, où les gens se connaissent tous. Nos travailleurs ont été ciblés comme s’ils étaient la source de l’éclosion. Les gens du milieu avaient des questions, des questions légitimes, auxquelles on est allés répondre. Il faut savoir que la MRC du Granit avait été passablement épargnée dans la première vague de la pandémie », a expliqué en entrevue le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« On me dit que ça va beaucoup mieux maintenant », a-t-il assuré

Vendredi, la Santé publique de l’Estrie a tenu une clinique de dépistage mobile à Saint-Sébastien pour les enfants, les parents et le personnel de l’école ou toute autre personne présentant des symptômes de la COVID-19. Au total,  24 personnes se sont présentées à la clinique mobile d’hier. On explique ce faible achalandage par une hausse des dépistages à l’urgence du Granit dans les jours précédents. 

De plus, la nouvelle clinique de dépistage à Lac-Mégantic n’a été ouverte que 3 h cette semaine, mais 15 personnes s’y sont présentées.

À Lambton, les résidents et l’ensemble du personnel du CHSLD ont déjà subi deux tests de dépistage. Un troisième est prévu au début de la semaine suivante.

Dix personnes transférées à Sherbrooke

Les dix résidents positifs à la COVID-19 ont été transférés la fin de semaine passée au centre de confinement de Sherbrooke en raison de la fragilité du bassin de main-d’œuvre disponible dans ce secteur du territoire.

« La bonne nouvelle, c’est que tous les résidents vont bien malgré leur âge et leurs comorbidités. Aucun des résidents n’a eu besoin d’être hospitalisé », a indiqué vendredi le Dr Vincent Masse, microbiologiste-infectiologue et officier en chef de prévention et contrôle des infections au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui a aussi expliqué que de nombreuses mesures ont été prises pour contrôler la propagation de l’infection dans ce milieu de vie.

Les visites sont interdites jusqu’à nouvel ordre pour tous les 19 résidents qui demeurent hébergés à Lambton. Le personnel s’assure que ces aînés puissent garder tout de même un contact avec leur famille.

« Pour les résidents qui le désirent, nous avons des tablettes avec lesquelles on peut faire des échanges vidéos. Sinon, pour les résidents qui sont toujours à Lambton, nous donnons des nouvelles au moins une fois par 48 heures. Pour les personnes qui sont hébergées à Sherbrooke, comme elles ont la COVID-19 et que nous les avons éloignées de leurs proches, nous nous assurons qu’il y ait au moins un contact par 24 heures, et les familles ont aussi un numéro de téléphone où elles peuvent prendre des nouvelles si elles ont des inquiétudes », mentionne Mme Quenneville.

C’est la première fois depuis le début de la pandémie que le CIUSSS de l’estrie-CHUS fait face à une aussi grande éclosion dans un de ses CHLSD.

« Nous sommes prêts à faire face à une telle situation », assure Mme Quenneville.

Et le moral est bon au CHSLD de Lambton.

« Malgré la situation, je dirais que le moral de nos résidents est bon, et on continue de bien s’occuper d’eux », a-t-elle ajouté.