Dans leur profil Tinder, Maxime, Charles II, Patricia, Charles et Laura ont tous adopté le nom de famille « de Beauvoir » pour « soutenir le fait que notre équipe est tissée serrée comme une famille » et pour « garder la confidentialité des volontaires qui ont voulu participer au stunt ».
Dans leur profil Tinder, Maxime, Charles II, Patricia, Charles et Laura ont tous adopté le nom de famille « de Beauvoir » pour « soutenir le fait que notre équipe est tissée serrée comme une famille » et pour « garder la confidentialité des volontaires qui ont voulu participer au stunt ».

Un match Tinder... pour un emploi

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les employeurs doivent trouver des moyens originaux pour attirer de la main-d’œuvre en Estrie. L’agence créative Beauvoir a décidé d’utiliser les applications de rencontre Tinder et Bumble pour courtiser de potentiels employés.

L’initiative a porté ses fruits : sept personnes ont soumis leurs curriculums vitae chez Beauvoir et quelques entrevues sont déjà à l’horaire.

« On est toujours à la recherche de talents, affirme le directeur de création, Maxime Bergeron-Moreau. On est fiers d’être en Estrie, mais le recrutement est un défi. On a des experts dans divers milieux. Beaucoup de profils qu’on recherche sont à Montréal. Ce n’est pas un petit pas de déménager en Estrie, surtout pour les gens qui ont une famille. On s’est dit que les célibataires étaient plus faciles à aller chercher. »

C’est de là qu’est venue l’idée de se créer des profils sur les applications Tinder et Bumble. « On s’est dit qu’on pourrait créer des profils de Beauvoir et c’est ce que plusieurs employés ont fait. On a axé les profils sur les différents types d’emplois qu’on offre : rédacteur, producteur, réalisateur, etc. On a fait une séance photo, ensuite on a pondu une description des gens qu’on recherche, donc on disait “ recherche du sérieux, si vous aimez le plein air, ce sera un bon match ” », ajoute-t-il, visiblement satisfait de cette offensive.

Beaucoup de matchs

Les employés ont profité d’un événement de design à Montréal pour contacter différents candidats. « On a réduit la superficie dans laquelle on recherchait, donc on voyait les gens présents dans un rayon d’un kilomètre. Là, on était cinq ou six profils actifs et l’on a obtenu beaucoup de matchs avec des gens dans le domaine. On a pu échanger avec eux et donner plus d’informations », décrit Maxime Bergeron-Moreau, ajoutant que d’autres candidatures sont arrivées lorsque l’entreprise a dévoilé son stratagème sur les médias sociaux.

Cependant, quelques pépins sont survenus. Quelques comptes ont été rapportés par des utilisateurs et bloqués par la suite. « Ces applications ne sont pas faites pour recruter, avoue M. Bergeron-Moreau. Je pense que ce sont des gens frustrés du fait qu’on n’était pas là pour chercher l’amour qui nous ont signalés. »

Par ailleurs, des employées se sont fait aborder pour aller prendre un verre. « On s’est rendu compte que les filles ont plus tendance à lire les descriptions et l’on avait mentionné quel était l’objectif. Les gars, aussitôt qu’ils voyaient une belle fille, ils sautaient vite à la conclusion et ils voulaient une date ou prendre une bière », analyse le directeur.

Gageons que Beauvoir n’en est pas à son dernier coup de publicité. « On va faire quelque chose de nouveau, mais de complètement différent. On cherche quelque chose qui va marquer l’imaginaire », assure Maxime Bergeron-Moreau.