C’est lorsqu’elle a déménagé à Montréal pour ses études universitaires que la Sherbrookoise Justine Belzile a développé une passion pour les cafés indépendants.

Un magazine bien corsé

C’est lorsqu’elle a déménagé à Montréal pour ses études universitaires que la Sherbrookoise Justine Belzile a développé une passion pour les cafés indépendants. « Je pouvais en découvrir un nouveau chaque semaine. Mon copain venait me visiter, et on allait tout le temps dans une nouvelle place. J’aime les ambiances, les gens qui font le service… et c’est là que je réussis à être le plus concentrée au monde! Évidemment, j’aime aussi beaucoup le café », dit-elle en souriant.

La jeune femme a commencé par ouvrir un compte Instagram sur lequel elle publiait des photos prises dans tous ces cafés qu’elle découvrait. Son intérêt a toujours continué à croître, tout comme son nombre d’abonnés d’ailleurs, et elle est bien vite passée de l’autre côté du comptoir, en devenant barista.

Alors qu’elle s’apprête aujourd’hui à terminer son baccalauréat en communication à l’UQAM, elle a décidé de se lancer en affaires, avec la publication d’un magazine complètement dédié au café, Corsé.

« Les textes s’adresseront en partie au grand public des amoureux du café, avec des portraits de cafés, de baristas ou de torréfacteurs. Des reportages vont leur permettre de se familiariser avec l’univers du café, et éventuellement les amener vers d’autres articles plus poussés qui s’adresseront aussi aux gens qui travaillent dans le domaine. Je veux que les gens comprennent pourquoi ça vaut la peine de payer 4,50 pour un latté dans un café indépendant », explique Justine Belzile.

La Sherbrookoise Justine Belzile

Des exemples concrets? Corsé annonce pour son premier numéro, prévu au printemps, des sujets comme les ouragans auxquels doit faire face l’industrie du café portoricaine, ou encore une explication de ce qu’on entend par « cafés troisième vague ». On prévoit aussi aborder la dégustation des différents types de cafés, ou encore les techniques d’extraction.

Justine Belzile le dit d’emblée : elle n’est pas une experte (même si elle commence quand même à bien s’y connaître). C’est pourquoi elle s’est constitué une équipe comptant notamment une dizaine de rédacteurs, quelques photographes et illustrateurs ainsi qu’une graphiste, pour l’instant tous bénévoles et passionnés.

Vive le papier

Lancer un magazine papier demande évidemment une logistique plus complexe qu’un magazine web. Pourquoi avoir choisi d’y aller directement avec la production d’un objet physique ?

« À l’UQAM, on a un magazine culturel imprimé qui s’appelle Le Culte, et j’en ai été directrice pendant deux ans. Je pense que c’est là que j’ai eu la piqûre! » raconte la Sherbrookoise.

« Je suis une fan des objets tangibles. J’achète encore des CD… D’ailleurs, je suis abonnée au magazine Standart, qui est une publication tchèque en anglais sur le café. Ça ressemble à ce que je veux faire, mais je veux offrir quelque chose avec du contenu plus nord-américain, et principalement en français », poursuit-elle. « Il existe déjà plusieurs blogues qui font des palmarès des meilleurs cafés, et c’est bien, mais on veut se détacher de ça pour produire du contenu plus durable et pertinent. »

L’objectif est de produire trois numéros du magazine par année. Ceux-ci seront produits sur du papier de qualité, non glacé – il s’agira en fait de bookzines, type de publication entre un livre et un magazine, que les lecteurs achètent souvent dans l’optique de les conserver.

Sociofinancement

Une campagne de sociofinancement a été démarrée sur la plateforme Kickstarter pour aider au lancement du magazine. L’objectif est d’amasser 10 000 $ avant le 6 avril; les contributions de 20 $ permettent d’avoir un numéro du magazine, et celles 25 $ et plus, donnent en plus un sac de café d’un torréfacteur québécois indépendant, ou un item lié à la culture du café.

Parmi les cafés partenaires de Corsé, on retrouve d’ailleurs deux adresses sherbrookoises : la brûlerie FARO et le Kàapeh.

« On voit ça comme une prévente du magazine. Si quelqu’un compte l’acheter à sa sortie de toute façon, il peut le faire tout de suite, et l’aura dans les mains dès qu’il est disponible. »

Pour l’instant, on peut retrouver Corsé sur Facebook et Instagram. Pour contribuer au projet, on peut se rendre sur sa page Kickstarter.