Cindy Riendeau est propriétaire de Fécy M Déco location de décors. La propriétaire comptait ouvrir son premier local commercial l’an prochain, mais la crise actuelle l’oblige à repousser son projet. « Avec toutes les annulations des mariages et des événements cet été, ça va devoir attendre », explique-t-elle.
Cindy Riendeau est propriétaire de Fécy M Déco location de décors. La propriétaire comptait ouvrir son premier local commercial l’an prochain, mais la crise actuelle l’oblige à repousser son projet. « Avec toutes les annulations des mariages et des événements cet été, ça va devoir attendre », explique-t-elle.

Un long été de fiançailles

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Nancy Desruisseaux et son conjoint Philippe devaient unir leur destinée le 27 juin. Leurs fiançailles, comme celles de milliers d’amoureux, seront toutefois prolongées à cause des circonstances actuelles. Le couple a déjà choisi une nouvelle date pour leur célébration, le 5 septembre. « Nous avons grand espoir d’être les premiers mariés après COVID-19, puisque le diocèse a annulé tous les mariages avant le 31 août. »

Les amoureux ont même prévu faire un clin d’œil à la pandémie à leurs invités. « Sur nos tables, nous avons prévu avoir des bouteilles de Purell décorées selon ma thématique vintage », partage Mme Desruisseaux.

Si les rassemblements sont toujours interdits en septembre, le mariage sera alors repoussé en juin.

« On ne sait pas quand nous serons officiellement mari et femme, mais on s’aimera pour la vie, alors ça ne nous inquiète pas! »

Le conjoint d’Audrey Bissonnette lui a fait la grande demande il y a maintenant deux ans, avec le désert du Sahara en toile de fond. Âgés de seulement 23 et 25 ans, ils partagent leur vie depuis maintenant huit ans et devaient officialiser leur union le 11 juillet. La grande cérémonie aura lieu finalement le 10 juillet 2021.

« Ce fut une décision difficile à prendre, j’ai pleuré beaucoup parce que cela fait longtemps que j’attends cette journée et que je la prépare. Mais je crois que c’est la bonne décision à prendre pour pouvoir finir de préparer mon mariage dans un contexte sans peur et sans crainte », partage-t-elle.

« Peut-être que nous allons organiser un petit quelque chose de spécial le 11 juillet avec notre famille proche si les règles le permettent, sinon peut-être un petit événement virtuel », poursuit Mme Bissonnette.

Une Industrie happée de plein fouet

Cindy Riendeau est organisatrice de mariage depuis 10 ans. Les neuf dernières années, elle avait également une garderie à la maison. « Mais depuis l’an passé, je fais ça à temps plein », précise-t-elle. Son entreprise Fécy M Déco location de décors était derrière l’organisation d’une trentaine de mariages pour l’été 2020. Sans surprise, tout a été repoussé.

Mme Riendeau se console en se disant que l’année 2021 sera particulièrement chargée. Lorsqu’elle discute avec ses clients, l’organisatrice les invite à choisir une nouvelle date pour l’an prochain dès maintenant puisque les fournisseurs de service risquent d’être débordés.

« Il va manquer de samedis l’été prochain pour tout le monde », confirme Pascal Gagné, de Discomobile P. G. Party, qui anime et met de l’ambiance dans les mariages depuis 18 ans.

Seulement pour les prochains mois, l’entreprise avait 58 événements à son agenda.

« Pour l’instant, ça va bien grâce à la prestation de 2000 $ par mois, mais les prochains mois vont être plus difficiles », convient-il.


« Il va manquer de samedis l’été prochain pour tout le monde. »
Pascal Gagné

D’autres entreprises très actives dans l’événementiel s’en sortent malgré tout assez bien, entre autres grâce à une diversification de leurs produits.

C’est le cas du traiteur Café Massawippi qui a perdu presque tous ses contrats prévus cet été en lien avec des mariages et des événements, mais dont le service de repas familiaux jouit d’une grande popularité.

« C’est un service qui est en croissance depuis l’an passé et ça se poursuit. Ça me permet de garder certains employés », explique le propriétaire Dominic Tremblay qui constate plus que jamais l’importance d’avoir plusieurs cordes à son arc.

« C’est ce qui nous permet de bien nous en tirer en ce moment », indique celui qui est également à la tête d’un restaurant, d’un food truck et d’un service de chef à domicile.

Mariage en hausse

Selon l’Institut de la Statistique du Québec, il y a une recrudescence de mariage dans la province depuis le début des années 2000, après des décennies en baisse. En 2018, ce sont un peu plus de 22 800 couples qui se sont dit « oui, je le veux ». C’est en 2003 et 2004 que le nombre de mariages au Québec a été le plus bas. Il était alors descendu à environ 21 200. À l’inverse, le plus haut taux a été atteint dans les années 1970 avec un pic de 54 000 mariages en 1972.