Le colloque a permis de discuter des différentes communautés musulmanes au Canada et des particularités québécoises et sherbrookoises.

Un lieu pour mieux se connaître

Présent au colloque sur les communautés musulmanes au Canada, le professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et candidat pour le Parti québécois aux prochaines élections provinciales, Guillaume Rousseau, a participé aux discussions.

« À Sherbrooke, la spécifiée qui sort, c’est qu’il y a beaucoup de musulmans d’origine afghane, affirme-t-il. De plus, de manière générale, les musulmans au Québec ont un haut niveau d’éducation. Je pense que dans une ville universitaire comme Sherbrooke, c’est quelque chose de très positif. »

Plusieurs professeurs, chercheurs, juristes et étudiants se sont réunis à l’Université de Sherbrooke pour ce colloque, qui s’est déroulé jeudi et vendredi à l’agora de l’établissement.

Selon M. Rousseau, plusieurs aspects intéressants ont été soulevés dans les présentations des nombreux intervenants. « Le professeur Castel a donné un portrait démographique et sociologique sur les populations musulmanes au Québec. Il y a plusieurs spécifiées des musulmans au Québec. Lorsqu’on compare avec l’Ontario, il y a beaucoup de musulmans d’origine indo-pakistanaise, alors qu’au Québec, on parle d’origine arabe, comme l’Algérie, la Tunésie et le Maroc », a précisé M. Rousseau.

La conférence de M. Rousseau était en lien avec son domaine. « Est-ce que ces pratiquants peuvent plaider les chartes des droits pour forcer les municipalités à forcer un changement de zonage pour permettre un usage religieux? C’est la question que j’aborde », a expliqué le professeur durant le colloque.

De plus, dans le cadre de ce colloque, les gens sont demeurés respectueux, même si le sujet peut être sensible. « Il y a des débats, mais dans un contexte universitaire, c’est moins passionné et plus raisonné. Par contre, il y a des points de vue différents qui sont exprimés », résume Guillaume Rousseau.

Moins de cœur, plus de tête

Le son de cloche est le même chez la coorganisatrice du colloque, Safa Ben Saad. « Le premier constat, c’est que le débat sur la question peut être très sain. Il peut être très articulé quand il est fait dans des conditions universitaire. Il y a beaucoup à savoir sur les communautés musulmanes. Il n’y a pas seulement une identité : il y a beaucoup de musulmans au Canada qui appartiennent des origines ethniques et nationales très différentes », affirme-t-elle.

De plus, les sujets abordés par les panélistes ont un lien direct avec l’actualité. « On fait des colloques scientifiques avec des thématiques intéressantes et l’on tente de coller cela à l’actualité. Il y a eu des problématiques concernant le port de voile et les cimetières. Un colloque comme celui-là peut apporter beaucoup d’éclairage sur le vivre ensemble, notamment au Québec. On peut avoir un débat très sain. »

Le but de ce colloque est aussi de sensibiliser les gens à ne pas recourir à la violence s’ils ont des problèmes. « Nous sommes étonnés des contributions et des approches, ajoute le professeur Sami Aoun. Nous ne sommes pas un groupe qui pourrait faire des recommandations au sens strict, mais on va dégager des pistes de solution. Le but de ce colloque, c’est de dire que nous sommes capables, dans un élan d’amitié et d’amour social, de recourir à des moyens qui ne sont pas antidémocratiques et violents pour résoudre les pépins », conclut-il.