Ruben Dario Meza Lazaro qui a lancé un ballon derrière la tête d’un arbitre fait face à une poursuite civile entreprise par ce dernier.

Un joueur de soccer poursuivi pour 195 000 $ après avoir agressé un arbitre

EXCLUSIF: Un ballon de soccer lancé volontairement en touche derrière la tête d’un arbitre prive ce dernier de son gagne-pain principal depuis maintenant plus d’une année sans compter toutes les séquelles qu’il conserve de cet événement.

Tel qu’il l’avait annoncé au procès de son agresseur à Sherbrooke, l’arbitre de soccer victime du joueur senior Ruben Dario Meza Lazaro poursuit non seulement ce dernier, mais aussi la Fédération de soccer du Québec, l’Association régionale Soccer Estrie et le club de soccer le Mistral de Sherbrooke.


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Un procès pour agression armée au soccer

L’arbitre Gustavo Arango a déposé une requête introductive d’instance en dommage et intérêt au palais de justice de Sherbrooke où il réclame 195 578 $.

La Tribune a obtenu copie de la poursuite civile intentée par Gustavo Arango relativement aux dommages subis lors d’un match de soccer senior amateur houleux qui s’est déroulé le 26 juin 2017 au parc Bureau de Sherbrooke.

Deux joueurs avaient été expulsés en première demie et les joueurs avaient résisté à quitter le terrain. Il y a eu une escalade au cours du match au point où l’arbitre Arango avait arrêté le match avec 38 minutes à jouer.

De 10 à 15 joueurs des deux équipes ont entouré l’arbitre avant qu’il quitte le terrain. C’est à ce moment qu’il a reçu le ballon derrière la tête lancé par Meza Lazaro.

Dans sa poursuite, l’arbitre note que malgré la gravité du geste, aucune sanction n’a été donnée au joueur tant par le Mistral de Sherbrooke, Soccer Estrie ou la Fédération de soccer du Québec.

Concernant Ruben Dario Meza Lazaro, le poursuivant lui reproche d’avoir «lancé tout à fait gratuitement, volontairement et avec force le ballon» en sa direction l’atteignant la tête.

À Soccer Estrie, il reproche à l’un des permanents, responsable de la sécurité des arbitres, sa non-intervention malgré sa présence à une partie du match.

«Malgré son constat du danger pour le demandeur et l’arbitre de touche, il n’est d’aucune façon intervenu pendant le cours de la partie, ni après [...] Il aurait dû profiter de la mi-temps pour discuter avec le demandeur de l’état de la situation, calmer la tension auprès des joueurs, des entraîneurs et des spectateurs ainsi que s’assurer de la sécurité des arbitres, ce qu’il a négligé de faire», stipule la requête.
Il reproche au Mistral de Sherbrooke de ne pas avoir assuré sa sécurité pendant et après le match.

À la Fédération de soccer du Québec, la faute alléguée consiste à ne pas avoir encadré l’Association afin d’assurer la sécurité de l’arbitre.

«La Fédération savait ou aurait dû savoir que les règlements de sécurité protégeant les arbitres n’étaient pas appliqués par l’Association et le Club», souligne la poursuite.

Conséquences

Le geste de Meza-Lazaro a causé une commotion cérébrale à l’arbitre Arango.

«Lorsqu’il a reçu le ballon derrière la tête, le demandeur a perdu la vue et fut étourdi pendant un instant, et ce, en raison de la force du lancer», explique la requête déposée en Cour supérieure.

En raison des blessures subies, l’arbitre, qui a touché 51 $ pour le match en cause, se trouve en arrêt de son travail de directeur de compte en gestion de patrimoine. Père de trois enfants, il allègue être privé de revenus depuis ces événements.

Il a perdu l’appétit, perdu plus de 18 kilos, il doit prendre une médication pour stabiliser sa concentration et a subi beaucoup de stress depuis les événements. Gustavo Arango présente aussi des maux de tête réguliers, a dû se priver d’activités et de voyages en raison des conséquences de ces gestes.

Gustavo Arango réclame 125 000 $ en dommages et intérêt, dont 20 000 $ en dommages punitifs et exemplaires. À cela s’ajoutent des pertes pécuniaires pour son travail principal, les bonus anticipés, l’arbitrage qu’il ne peut plus accomplir, ainsi que les soins pour atteindre la réclamation totale de 195 578 $.

Me Marc Vaillancourt pilote la poursuite civile intentée par Gustavo Arango.

Au criminel

Ruben Dario Meza Lazaro a été condamné au criminel dans cette affaire.

En juin dernier, la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec l’a trouvé coupable de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions pour avoir blessé l’arbitre en lui lançant un ballon derrière la tête.

Les observations sur la peine se dérouleront en septembre au palais de justice de Sherbrooke.