L'Université Bishop's, le Collège régional Champlain de Lennoxville et le Bishop's College School tiendront une marche, ce jeudi, afin de souligner le «Orange Shirt Day», un événement qui vise à rendre hommage aux victimes et aux survivants des pensionnats autochtones.  On aperçoit sur la photo Joshua Komangapik, étudiant de Bishop's, et Mélissa Poirier, conseillère au support aux étudiants autochtones et liaison communautaire à Bishop's.

Un hommage aux survivants des pensionnats autochtones

L'Université Bishop's, le Collège régional Champlain de Lennoxville et le Bishop's College School tiendront une marche, ce jeudi, afin de souligner le « Orange Shirt Day », un événement qui vise à rendre hommage aux victimes et aux survivants des pensionnats autochtones.
Pendant cette tragédie, des milliers d'enfants ont été déracinés de leur famille afin d'être envoyés dans des pensionnats. Plusieurs d'entre eux y ont subi des sévices et des traumatismes.
« On ne veut pas que ce soit négatif. On veut éduquer la population, l'informer de la réalité autochtone. On veut éduquer et informer le plus de gens possible et s'assurer que ce genre de choses ne se reproduisent plus », commente Mélissa Poirier, qui vient tout juste de commencer dans ses fonctions de conseillère au support aux étudiants autochtones et liaison communautaire à Bishop's.
Un de ses mandats est de mettre en place un programme de support consacré « au succès académique et social » des personnes autochtones. Les deux autres institutions qui participeront à la cérémonie de jeudi comptent elles aussi des étudiants autochtones.
L'Université Bishop's compte environ une trentaine d'étudiants autochtones provenant d'un peu partout au Canada. Parmi eux, Joshua Komangapik, provient d'Iqaluit, au Nunavut.
Âgé de 23 ans, il étudie en en environnement et géographie.
Il est le deuxième de sa famille à fréquenter l'université, la première personne étant sa grand-mère, qui n'est pas autochtone. Pour lui, l'éducation s'avère très importante. Au terme de ses études, il entend retourner dans sa communauté. Il aimerait travailler au sein du gouvernement territorial. Joshua a cinq autres soeurs plus jeunes.
Quel impact ont eu les pensionnats autochtones sur la perception des écoles? L'étudiant de Bishop's n'ose pas s'avancer sur cette question : on n'aborde pas cette question dans la famille, répond-il lorsqu'on lui pose la question. Le sujet demeure en quelque sorte tabou, note Mme Poirier, en entrevue à ses côtés.
Le rassemblement est prévu jeudi à midi trente, devant l'édifice McGreer de Bishop's. « On a contacté la communauté abénaquise d'Odanak. On est situé sur le territoire traditionnel des Abénaquis. Elle a accepté notre invitation », note Mme Poirier. Le chef de la communauté, Ricky O'Bonmsawin, sera présent, tout comme le directeur général du Conseil des Abénaquis, Daniel Nolett.
À l'Université de Sherbrooke, différentes mesures ont été mises en place afin de favoriser l'accès aux études pour les jeunes autochtones. Par exemple, la faculté de droit a modifié sa politique d'admission. Celle-ci prévoit maintenant des conditions d'admission spécifiques aux candidats autochtones. Cette catégorie permet à une personne membre de l'un des peuples autochtones du Canada détenant un DEC ou en voie de l'obtenir de s'identifier comme tel lorsqu'elle dépose sa demande d'admission.
Selon Affaires autochtones et du Nord Canada, la Constitution canadienne reconnaît trois groupes de peuples autochtones (les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants), soit les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Des places sont aussi réservées à la faculté de médecine et des sciences de la santé par l'intermédiaire d'un programme québécois.