Un guide qui vise à inciter les personnes aînées à dénoncer les abus a été lancé jeudi par le Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Sur la photo, Marie Beaulieu, titulaire de la chaire de recherche sur la maltraitance des personnes aînées.

Un guide pour enrayer la maltraitance des aînés

SHERBROOKE — Le Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a lancé jeudi un guide pour contrer la maltraitance et l’intimidation chez les aînés. Ce guide vise à maximiser les activités de sensibilisation et à inciter les personnes aînées à dénoncer les abus.

« On voyait dans le non verbal que les gens se reconnaissaient ou reconnaissent des situations, mais il n’y avait pas de demandes d’aide », explique Marie Beaulieu, titulaire de la chaire de recherche sur la maltraitance des personnes aînées.

La collecte de données pour la conception du guide s’est donc faite auprès de 450 personnes aînées où les freins et les leviers à la demande d’aide ont été identifiés.

Le guide est divisé en deux fascicules, le premier s’adresse aux personnes administratrices et coordonnatrices d’activités de sensibilisation. Il présente des connaissances générales sur la maltraitance et l’intimidation et propose des pistes d’action pour élaborer, planifier et animer des activités de sensibilisation. Le second s’adresse aux personnes, bénévoles ou employées, qui animent des activités de sensibilisation au sein d’organismes communautaires.

« Le guide va nous aider à bonifier et à améliorer nos activités de sensibilisation parce qu’on se rend bien compte qu’il y a des freins à la demande d’aide et on doit essayer de lever ces freins, souligne Lucie-Caroline Bergeron, coordonnatrice et intervenante chez DIRA-Estrie, un organisme communautaire qui lutte contre la maltraitance envers les aînées. Ça va aussi inciter les aînés à participer à nos activités de sensibilisation parce que la maltraitance n’est pas un sujet facile à aborder. »

Les personnes aînées peuvent craindre la vengeance, l’abandon, la honte, la gêne, la culpabilité, l’isolement, d’être perçus comme des délateurs, de ne pas être crus, de devoir quitter leur milieu de vie ou de briser les liens familiaux. Toutes ces peurs sont des freins à la demande d’aide.

« Il y a beaucoup de personnes aînées qui ne reconnaissent pas la maltraitance ou l’intimidation qu’elles peuvent subir, poursuit Mme Bergeron. C’est un problème qui est réel. On voit souvent des personnes aînées qui donnent une procuration bancaire à un membre de la famille. Elles font totalement confiance à la personne pour gérer les avoirs. La personne qui détient la procuration peut abuser de son pouvoir et faire des achats qui ne sont pas nécessairement pour la personne aînée. Cette dernière peut en prendre conscience, mais ne réalise pas nécessairement qu’il s’agit de maltraitance. C’est ce genre de situation qu’on met en lumière dans nos activités de sensibilisation. »

Le guide est disponible gratuitement sur le site Internet du Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.