Sylvain Bergeron est le Grand Frère de Malick Garneau depuis 7 ans, soit la moitié de la vie de l’adolescent.

Un Grand Frère pour la vie

SHERBROOKE — Malick Garneau a 14 ans. Depuis qu’il a 7 ans, il peut compter sur la présence de son Grand Frère Sylvain Bergeron, un modèle masculin pour l’adolescent élevé par sa mère. Son frère et sa sœur ont aussi participé au programme de jumelage offert par Les Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Estrie.

« Tous les vendredis, j’appelle Malick pour lui demander comment a été sa semaine. Sa mère m’informe aussi quand il s’est passé quelque chose de spécial et je peux alors lui en parler », explique Sylvain Bergeron, précisant que c’est lors de ces appels que le duo décide de l’activité hebdomadaire qui se déroule normalement les dimanches. Matchs de soccer, de football, de tennis, visite au musée, cinéma. L’activité varie et est surtout un prétexte pour créer des liens.

« Sylvain, c’est un gros positif dans ma vie. Étant donné que mon père n’est pas très présent, c’est lui ma figure masculine. J’aime parler avec lui. Quand j’ai des problèmes ou que j’ai des décisions à prendre, il m’écoute et il me conseille. Souvent on fait la liste des avantages et désavantages pour chacune des options », raconte Malick.

Technicien en informatique, Sylvain Bergeron a travaillé à l’école des Arbrisseaux de Compton et ce sont des collègues qui, le voyant interagir avec des élèves en difficulté, lui ont parlé des Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Estrie.

« J’ai d’abord rencontré la mère. Puis je suis allé rencontrer Malick et ç’a cliqué tout de suite. On a les mêmes intérêts », note Sylvain.

Depuis la rencontre initiale, sept ans se sont écoulés. La moitié de la vie de Malick.

« Ce que j’aime de Sylvain, c’est qu’il cherche toujours le positif dans tout. Ça me donne toujours de l’espoir quand j’ai des défis. J’aime aussi quand il vient me voir au soccer », mentionne l’adolescent.

Malick se confie surtout lors des trajets en voiture. Sylvain le décrit comme un jeune curieux et sensible qui aime faire plaisir à son entourage et qui ne veut jamais faire de peine à personne. « On a une belle complicité. Des fois, on se parle avec les yeux. On se ressemble beaucoup », ajoute le Grand Frère.

Sylvain lui dit régulièrement qu’il l’aime. Malick, comme un bon ado, lui marmonne un « moé ssi ».

« On travaille sur l’estime de soi. Je lui dis qu’il a de belles qualités et que personne n’est parfait, moi non plus et qu’on tente de s’améliorer toute notre vie », note Sylvain.

Programme de jumelage

Le programme de jumelage est un des trois services offerts par Les Grands Frères et Grandes Sœurs de l’Estrie avec le mentorat à l’école et les groupes de discussions pour les jeunes de 6e année. Le jumelage se prolonge officiellement jusqu’aux 18 ans du jeune. À moins qu’un des deux membres du duo souhaite arrêter avant. « Le service était auparavant offert surtout aux enfants de mères monoparentales. Mais aujourd’hui, il est aussi offert aux enfants dont un des parents est malade, un enfant de famille nombreuse ou immigrante. À tous les enfants qui ont besoin d’une présence supplémentaire, d’un autre modèle », explique Stéphanie Derby, directrice générale de l’organisme qui est toujours en recrutement de bénévoles.

Pour l’instant, une vingtaine de jeunes sont sur la liste d’attente pour être jumelés à un Grand Frère ou une Grande Sœur et une quinzaine de duos sont présentement actifs.

Sylvain n’a « malheureusement pas eu la chance d’avoir d’enfant » et Malick est ce qu’il a de plus proche d’un fils. En même temps, les rôles sont définis. Malick a un père, même s’il ne le voit pas souvent. Il a eu un beau-père. Aucune guerre de territoire entre les figures masculines, même si Sylvain fait partie, en quelque sorte, de la famille.

Malick et Sylvain sont d’accord sur une chose. Leur relation ne se terminera pas aux 18 ans de Malick. Ils sont Grand et Petit Frères pour la vie.