Au moins trois rues sherbrookoises sont impraticables, du moins en partie, en raison de dommages causés par le gel et le dégel.

Un fonds d’urgence pour les rues malmenées par l’hiver

Au moins trois rues sherbrookoises sont impraticables, du moins en partie, en raison de dommages causés par le gel et le dégel. La Ville de Sherbrooke a procédé à la fermeture totale ou partielle des rues Viau, Toulon et Turin, alors qu’elles ne figurent pas sur la liste des rues nécessitant une réfection en 2019. Deux directrices de la Ville de Sherbrooke soulèvent donc l’idée d’un fonds d’urgence à renflouer année après année pour corriger ces problèmes ponctuels.

La conseillère Annie Godbout l’avait soulevé en séance de travail public : la rue Viau se trouve dans un piètre état. « Elle ne peut pas attendre à l’an prochain. »

À lire aussi: 10,7 M$ pour la réfection de chaussées

La directrice du Service des infrastructures urbaines, Caroline Gravel, a convenu qu’un fonds d’urgence pourrait être une bonne idée. Mais tout le travail reste encore à faire pour le constituer.

« Ce n’est pas concret. C’est une idée que nous avons présentée, Mme [Guylaine] Boutin de la voirie et moi-même plus tôt aux élus. Nous n’avons ni une ni l’autre de l’argent dans nos budgets qui est prévu pour ces interventions. Pour la réparation des nids-de-poule et des interventions plus grosses, au Service de la voirie, ils ont un 700 000 $ annuellement, mais nous sommes d’accord qu’ils vont le dépasser cette année et qu’ils auront besoin d’un budget supplémentaire », résume Mme Gravel.

Il est donc possible que certains trous ne soient pas réparés avant l’an prochain. « On ne peut pas le cacher. Là où nous interviendrons, ce sera entre autres là où nous avons des rues fermées actuellement parce qu’elles sont impraticables. Même si le Service de la voirie essaie de boucher les nids-de-poule ou d’enlever les bosses, il va rester un problème majeur de circulation à ces endroits-là, donc c’est là qu’on devra intervenir en priorité avec un fonds d’urgence. »

Les élus devront-ils se résigner à accorder moins d’argent à la réfection des rues au moment d’élaborer leur budget pour investir dans un fonds d’urgence? « Ce sera une discussion que nous aurons lors de l’établissement du prochain budget. Ce sera aux élus de décider, mais il faudra prévoir quelque chose parce que nos hivers s’en vont vers des cycles de gel et dégel constants. »

Caroline Gravel

Caroline Gravel ignore la somme qui sera nécessaire pour corriger les problèmes les plus urgents causés par l’hiver. « J’ai déjà donné le mandat à mon service d’ingénierie de faire des sondages aux endroits où les rues sont impraticables pour voir les types de structure de chaussée et quelles interventions nous devrons faire pour remettre la chaussée en état. Donc nous n’avons aucune estimation pour le moment. »

Dans un premier temps pour les rues Viau, Turin et Toulon, la Ville retirera le pavage et laissera les rues sur le gravier pour quelques mois. « La rue Turin est le seul accès du quartier vers le boulevard de l’Université. Nous n’avons pas le choix d’intervenir. »

La Ville ne devra-t-elle pas revoir sa façon de concevoir ses rues?

« J’ai passé la commande à ma division de l’ingénierie de faire une recherche et de rencontrer des chercheurs dans ce domaine pour nous proposer des façons différentes de construire nos rues. Nous avons essayé au courant des années toutes sortes de choses. Nous avions même fait des projets pilotes avec des témoins dans la chaussée pour voir comment elle se comportait. Ces études ont été oubliées, mais ressorties dernièrement. Il faut effectivement revoir notre façon de concevoir les rues. »