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Un ex-avocat pédophile déclaré délinquant dangereux

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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La découverte d’un ordinateur par un enfant dans un chalet du Canton de Stanstead a scellé le sort d’un ancien avocat pédophile qui a été condamné, mardi, à une peine de prison de cinq ans en plus d’être déclaré délinquant dangereux.

Le juge Charles Ouellet de la Cour supérieure a imposé que Normand Brouillard soit suivi à long terme par les autorités, soit sept ans, à l’expiration de sa peine, dans environ deux ans et demi.

Dans sa décision déposée au palais de justice de Sherbrooke, le juge Ouellet détermine que Normand Brouillard « constitue un danger à tout le moins pour la sécurité ou le bien-être mental d’autrui ».

Cette peine exceptionnelle imposée à ce récidiviste en matière de crimes sexuels a été rendue possible à la suite d’un dénouement d’enquête tout aussi hors du commun.

Brouillard s’apprêtait à subir son procès devant jury pour une affaire de partage de fichiers de pornographie juvénile alors qu’il se trouvait en libération conditionnelle lorsqu’une preuve irréfutable s’est ajoutée contre lui.

Un enfant, qui était en visite parce que ses parents avaient loué le chalet de Normand Brouillard dans le Canton de Stanstead, a découvert la clé de l’énigme qui a incité l’accusé à reconnaitre les crimes reprochés.

En février 2020, Normand Brouillard a reconnu avoir consommé et distribué de la pornographie juvénile alors qu’il se trouvait en libération conditionnelle et qu’il n’avait pas le droit de posséder d’ordinateur, soit entre le 17 novembre 2017 et le 29 septembre 2018. 

 « Le Tribunal n’estime pas que les commentaires formulés par Normand Brouillard à la suite du visionnement de la déclaration d’une victime ont permis de mettre en lumière un véritable facteur atténuant. La prise de conscience qu’il disait exprimer n’a pas convaincu le Tribunal. Compte tenu de son historique, elle est tardive et semble motivée par le procès », estime le juge Ouellet dans sa décision.

Découverte troublante

L’ordinateur portable appartenant à Brouillard a été retrouvé sous le perron de sa résidence secondaire par un enfant. 

Celui-ci cherchait un autre enfant dans le cadre d’une traditionnelle partie de cachette, lorsqu’il a retrouvé l’élément de preuve que les policiers cherchaient depuis plus d’une année. 

L’ordinateur, qui avait été placé par Brouillard dans un étui pour le garder à l’abri des intempéries, a été remis aux enquêteurs de la Sûreté du Québec. 

C’est lors de l’expertise de cet ordinateur par le module technologique de la SQ que plus de 4600 fichiers de pornographie juvénile ont été retrouvés.

Le passé de Brouillard en matière de crimes sexuels est très long. Le juge a retenu dans les facteurs aggravants que malgré une peine de sept ans et neuf mois de détention entre mars 2010 et septembre 2013, deux thérapies, plusieurs évaluations, il a récidivé alors qu’il était encore en maison de thérapie.

Normand Brouillard accumule les antécédents de nature sexuelle depuis 1998.

L’accusé était encore avocat lorsqu’il a commis les premiers gestes de contact sexuel entre 1988 et 1989. Il avait fait consommer de l’alcool à sa victime avant de l’agresser sexuellement. 

Enquête

L’enquête de la division sur la cybercriminalité concernant Brouillard s’était ouverte en juin 2018 quand un policier a repéré l’utilisateur « Littleblond ». 

L’image du profil était celle d’un jeune garçon couché sur un lit en sous-vêtements. Derrière cette image se trouvait Normand Brouillard qui a fait le partage de répertoires de fichiers correspondant à de la pornographie juvénile. 

Après une brève discussion, Brouillard avait fait parvenir à l’enquêteur trois premières photos correspondant à de la pornographie juvénile de fillettes âgées de 6 à 12 ans. L’adresse IP a mené les enquêteurs à l’adresse de Normand Brouillard dans le Canton de Stanstead. Des contacts ont aussi été établis avec Interpol en Suisse, lesquels ont permis de relier Brouillard au partage d’autres fichiers de pornographie juvénile. 

« Les infractions ont été commises au moyen d’outils technologiques spécialisés destinés à la fois à protéger l’anonymat de l’accusé et de ceux avec qui il échangeait de la pornographie juvénile ainsi qu’à empêcher le traçage des images échangées », explique le juge Ouellet.

Le nom de Normand Brouillard sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Il ne pourra plus se trouver dans les parcs, être en contact avec des personnes de moins de 16 ans ou posséder d’ordinateur jusqu’à la fin de ses jours.

Me Joanny Saint-Pierre représentait le ministère public, tandis que Me Alexandre Tardif défendait l’accusé.