Un étudiant de l'Université de Sherbrooke a appris d'une condamnation criminelle que « sans oui, c'est non ».

Un étudiant de l'UdeS admet une agression sexuelle sur une étudiante

Un étudiant de l'Université de Sherbrooke a appris d'une condamnation criminelle que « sans oui, c'est non ».
L'individu de 21 ans a plaidé coupable à une agression sexuelle, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke, devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.
Visiblement nerveux, Alexandre Bélanger a reconnu les faits du 4 décembre 2015 où il a tenté à trois reprises d'avoir une relation sexuelle avec une étudiante malgré le refus systématique de cette dernière.
Il a signé une déclaration des faits où il a confirmé avoir tenté à trois reprises d'avoir une relation sexuelle avec une jeune femme sans son consentement.
L'étudiant s'est présenté au logement de la victime avec le colocataire de cette dernière après une soirée bien arrosée. La jeune femme y avait passé la soirée à étudier et dormait déjà.
L'homme, alors âgé de 20 ans, qui avait déjà « flirté » avec la victime et qui l'avait déjà embrassée est entré dans sa chambre avec l'intention d'avoir une relation sexuelle avec elle.
Vêtu d'un simple boxer, Bélanger a tenté de l'embrasser, mais la jeune femme a refusé. Il est alors sorti de la chambre.
L'individu est retourné une deuxième fois dans la chambre quelques minutes plus tard, cette fois complètement nu.
Il est allé dans le lit de la victime et lui a touché les fesses et les seins. Cette dernière a refusé les avances et s'est tourné dos à lui. Croyant que la jeune femme s'était endormie, il a quitté à nouveau la chambre.
Quelques instants plus tard, il est retourné une troisième fois dans la chambre de la jeune femme.
Il s'est glissé sous ses couvertures et a tenté de l'embrasser en lui touchant les seins et les fesses. Il est embarqué sur elle et a tenté de pénétrer la jeune femme.
Cette dernière a encore une fois refusé fermement les avances de l'individu. C'est à ce moment qu'il a réalisé qu'il était allé trop loin.
Bélanger s'est alors mis en colère contre la victime et l'a traité de « pas fine », en raison du fait qu'ils s'étaient embrassés par le passé.
La victime a choisi de porter plainte au Service de police de Sherbrooke dans cette affaire et une accusation d'agressions sexuelle a été autorisée en mai 2016.
L'accusé a reconnu sa culpabilité au moment où devait se dérouler l'enquête préliminaire. L'individu de 21 ans a fait un suivi avec un psychologue à la suite de ces événements.
L'avocate de la défense Me Caroline Saint-André de l'aide juridique a demandé qu'un rapport présentenciel soit confectionné dans le dossier de son client.
C'est Me Claude Robitaille qui représente le ministère public dans cette affaire. Les observations sur la peine se dérouleront le 19 juin.
Le CALACS-Agression Estrie salue le courage de la victime
Il faut souligner le courage de cette victime d'avoir dénoncé son agresseur. »
La coordonnatrice du CALACS-Agression Estrie, Maggie Fredette, estime que l'exemple de l'étudiant de l'Université de Sherbrooke qui a reconnu une agression sexuelle survenue en décembre 2015 pourrait servir à d'autres victimes.
« Les victimes pensent souvent qu'elles ne seront pas crues parce que ça demeure à elle de prouver les gestes qu'elles ont subis. Cet exemple démontre que ce n'est pas le cas», explique Mme Fredette.
Elle rappelle que même si elles ont déjà « flirté », embrassé ou même entamé une relation avec une autre personne, elles peuvent retirer leur consentement.
« Il est toujours temps de dire non. Il est possible de changer d'idée à tout moment. L'alcool n'est pas non plus une excuse », indique Maggie Fredette.
Elle réitère qu'il n'est pas facile pour une victime d'agression sexuelle de porter plainte contre l'auteur du geste, particulièrement lorsqu'il est connu de la victime.
« Il faut continuer à parler de la question dans les milieux. La dénonciation n'est pas une fin en soi, mais il demeure important pour les victimes de parler de ce qu'elles ont subi », indique Maggie Fredette du CALACS-Agression Estrie.
Les agressions sexuelles sur les campus se sont retrouvées sous les feux des projecteurs en 2016, notamment en raison d'agressions survenues à l'Université Laval qui ont été médiatisées.
Une étude provinciale, à laquelle participe l'Université de Sherbrooke, a permis de montrer qu'une personne sur trois (employés et étudiants) a vécu une expérience de violence sexuelle depuis son entrée à l'université. Par violence sexuelle, on entend autant les remarques désobligeantes à connotation sexuelle que le harcèlement sexuel, jusqu'aux cas d'agressions sexuelles.
L'équipe de l'enquête « Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire (ESSIMU) déposera d'ailleurs son rapport lundi prochain à Montréal. Le rapport de recherche d'ESSIMU livrera notamment tous les résultats quantitatifs pour l'ensemble des six populations universitaires à l'étude, dont l'Université de Sherbrooke.
Mélanie Lemay, étudiante à l'UdeS et victime d'une agression, a lancé avec d'autres femmes le mouvement Québec contre les violences sexuelles.
Une tournée de consultation provinciale annoncée notamment à la suite de la mise en place de ce mouvement s'arrêtera à Sherbrooke au début de 2017.
Des universités au Québec, dont l'UdeS et Bishop's, ont lancé au printemps 2016 la campagne de sensibilisation «Sans oui, c'est non».