L’édifice Divinity House est fermé depuis la fin de 2014 pour des raisons de sécurité.

Un espace pour les étudiants autochtones à l’Université Bishop’s ?

L’Université Bishop’s souhaite se doter d’un espace destiné aux étudiants autochtones. Elle caresse le souhait de rénover le bâtiment Divinity House, fermé depuis 2014 en raison de problèmes structurels importants.

Le projet, évalué à quelques millions de dollars, en est à ses balbutiements. En plus de répondre à la demande des étudiants autochtones, il pourrait aussi éviter la démolition du bâtiment érigé en 1891.

« Nous travaillons sur l’idée première de créer un lieu de rencontre pour les étudiants autochtones. Nous avons demandé de préparer une première esquisse de ce que ça pourrait être », explique le principal et vice-chancelier de Bishop’s, Michael Goldbloom.  

Dans The Bishop’s Magazine, on apprend qu’un rapport a conclu qu’il en coûterait entre six et sept millions $ afin de rénover le bâtiment.

Si l’institution ne trouve pas les sommes nécessaires provenant d’un financement externe, il pourrait être démoli.

« Cela fait au moins depuis 2012 que les étudiants autochtones font la requête pour avoir un lieu à eux », commente Mélissa Poirier, conseillère au support aux étudiants autochtones et liaison communautaire à Bishop’s.

Les étudiants autochtones côtoient les autres étudiants dans le cadre de leur cours, mais ils aimeraient avoir un lieu où échanger et prendre part à certaines activités. Lorsqu’ils arrivent à l’université, plusieurs quittent leur communauté pour la première fois, illustre Mme Poirier.

D’autres institutions universitaires comptent déjà de telles initiatives, explique Mélissa Poirier. Celles-ci prennent différentes formes, que ce soit de simples locaux à des bâtiments complets. Par exemple, illustre-t-elle, on compte une « First People’s House » à McGill, un bâtiment consacré aux étudiants autochtones.

L’édifice appelé Divinity House se trouve à l’entrée du campus de Bishop’s, du côté de la route 108, tout près de la chapelle St-Mark’s et de McGreer, le pavillon abritant les bureaux de l’administration. L’édifice abritait notamment des bureaux de professeurs, une salle de séminaire et un centre de perfectionnement. L’établissement l’avait fermé pour des raisons de sécurité, puisqu’il présentait des risques d’effondrement. Bishop’s a été fondée en 1843.

« Le problème reste le même, note M. Goldbloom. Cela prendrait plusieurs millions pour le rénover. » Bishop’s s’est notamment fait proposer un don de 75 000 $, mais elle est tout de même loin du compte. Des approches pourraient être faites auprès des gouvernements; Bishop’s n’a pas encore déposé formellement de demande d’aide financière.

Le bâtiment n’aurait pas une très grande valeur patrimoniale, mais il s’agit quand même de l’un des plus vieux bâtiments sur le campus lennoxvillois.

Dans le meilleur des mondes, la rénovation de Divinity House serait retenue, note la conseillère. L’autre option est de dénicher un autre espace sur le campus. Et l’échéancier? « Le plus tôt serait le mieux, car ça fait plusieurs années que les étudiants en parlent », souligne-t-elle.

Il existe depuis quelques années un club pour les étudiants autochtones et pour ceux qui s’intéressent à cette question. Celle-ci semble susciter de plus en plus d’intérêt. Mélissa Poirier a organisé récemment une visite au Musée des Abénaquis. L’événement a été si populaire qu’elle répétera l’expérience à la mi-mars.

Bishop’s compte une trentaine d’étudiants autochtones et le campus Lennoxville du Collège Regional Champlain en compterait environ le même nombre. Toutefois, aux yeux de Mme Poirier, le nombre d’étudiants à Bishop’s pourrait être plus important en raison de ceux qui ne déclarent pas qu’ils proviennent d’une communauté autochtone.