Aux yeux des syndicats qui représentent une partie des 17 000 employés du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, la période estivale difficile n'aura été qu'une suite logique à une année 2017 « pire que pire ».

Un dur été pour les patients et le personnel du CIUSSS

Les patients et le personnel du CIUSSS de l'Estrie-CHUS viennent de vivre « leur pire été » dans les différents établissements de santé de la région. Pour les syndicats qui représentent une partie des 17 000 employés, la période estivale difficile n'aura été qu'une suite logique à une année 2017 « pire que pire ».
« Il n'y a pas eu d'histoires d'horreur qui sont parvenues jusqu'à nos oreilles, mais ça ne veut pas dire que tous les soins ont été donnés dans les règles de l'art malheureusement », déplore Sophie Séguin, présidente de la FIQ-SPSCE (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l'Est), qui représente notamment les infirmières.
« On a passé l'été à éteindre des feux. Il n'y a aucun milieu qui a été épargné : les salles d'urgence, l'hébergement, la courte durée, entre autres », ajoute-t-elle.
Les préposés aux bénéficiaires PAB ont été sollicités de toutes parts, particulièrement en hébergement dans les CHSLD. « La direction a exigé du temps supplémentaire imposé cet été dans les CHSLD. Dans les installations de l'ancien CSSS-IUGS, on n'avait jamais vu ça! C'est nouveau de cet été. On a aussi très régulièrement des quarts de travail à découvert d'un à deux PAB par département », cite en exemple Bruno Breton, vice-président du SCFP-FTQ pour les installations de l'ancien CSSS-IUGS.
La pression sur le système de santé est sans précédent depuis le début de l'année 2017. Même lorsque les éclosions de grippe et de gastro ont arrêté de faire des victimes avec l'arrivée du printemps, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS n'est jamais parvenu à retrouver un certain contrôle sur ses lits.
« Même si la direction fait une gestion serrée des lits, il n'y en a jamais assez pour répondre à la demande », déplore Sophie Séguin.
Par manque de bras, les professionnelles en soins doivent constamment faire des choix pour réussir à faire le maximum dans le cadre de leurs journées de travail. « Quand nous sommes en nombre insuffisant, on doit malheureusement souvent délaisser la surveillance, la vigilance. L'enjeu dans tout ça, c'est certain que c'est la sécurité des patients », regrette Mme Séguin.
« Quand les cloches sonnent, les délais sont souvent longs. Il y a aussi plein de petits gestes qu'on aimerait faire, qu'on ne peut pas faire », déplore Sophie Séguin.
Du côté de l'APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux) qui représente plusieurs types de professionnels comme les techniciens de laboratoire, l'été aura été « comme d'habitude », ce qui démontre bien que la pression est plus importante sur les professionnelles qui donnent des soins directs aux patients.
« On n'a pas entendu parler de bris de service et il y a eu un peu d'imposition de temps supplémentaire, mais très peu », souligne Emmanuel Breton, directeur au conseil d'administration de l'APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux).
Négociations
Les négociations entre la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS et les quatre nouveaux syndicats s'amorceront dans un peu plus d'un mois. La loi prévoit que les deux parties pourraient prendre jusqu'à 18 mois pour s'entendre, mais six mois sont déjà passés. En effet, après leur élection en mars, les syndicats ont dû prendre du temps pour s'organiser : ils sont passés de 56 à 4 syndicats sur un très grand territoire. Les syndicats continuent maintenant leurs préparatifs pour faire face aux premières rencontres avec leur employeur.
« La négociation qui nous attend est titanesque. Nous avons 26 matières à négocier », explique Emmanuel Breton.
« On voit la négociation de façon positive, on veut partir sur de bonnes bases », ajoute-t-il.
L'APTS est en train de faire une tournée de ses membres sur l'ensemble du territoire.
« La formation et une meilleure conciliation travail-famille seront nos deux priorités », ajoute-t-il.